La question est revenue plusieurs fois, ce mercredi 3 décembre, devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. «Quelle était la ligne rouge ?» Mais la réponse ne semble pas relever de l’évidence pour les prévenus. Plusieurs anciens hauts dirigeants du cimentier Lafarge, dont l’ancien directeur général, Bruno Lafont, ainsi que la société, en tant que personne morale, sont jugés, jusqu’au 19 décembre, pour financement du terrorisme en Syrie.
La multinationale et ses cadres sont suspectés d’avoir versé plus de 3 millions d’euros à des groupes terroristes pour continuer à faire tourner une usine située dans le nord du pays. Au fil de l’audience, aucun des prévenus n’est capable de dire quand l’entreprise aurait dû quitter le pays, en pleine guerre civile, et en proie à la campagne de terreur de Daech.
A la barre
«On s’est trompé», reconnaît du bout des lèvres Frédéric Jolibois, qui dirigeait la filiale syrienne de Lafarge




