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A la barre

Procès Lafarge en Syrie : le parquet antiterroriste dénonce une multinationale qui «a nourri à coups de millions d’euros la bête jihadiste»

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Les magistrates Aurélie Valente et Olga Martin-Belliard ont porté la voix de l’accusation, ce mardi 16 décembre. Des peines allant de dix-huit mois à huit ans de prison, ainsi que de lourdes amendes, ont été requises.

L'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont au palais de justice de Paris, le 2 décembre 2025. (Denis Allard/Libération)
Publié le 16/12/2025 à 21h32

Des faits «inédits et vertigineux». Les mots de la procureure nationale antiterroriste Aurélie Valente sont implacables, en introduction de son réquisitoire, mené à deux voix avec sa collègue Olga Martin-Belliard. La magistrate dénonce le «fonctionnement systémique mis en place par Lafarge et non quelques actes isolés, menant à considérer les organisations terroristes comme des partenaires commerciaux». Ce mardi 16 décembre, devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, le ministère public a livré pendant plusieurs heures une lourde charge contre la multinationale du ciment, en tant que personne morale, et contre plusieurs de ses anciens responsables, dont l’ex-PDG, Bruno Lafont. «La réalité de ce dossier, c’est l’histoire d’une faillite totale, d’individus qui par leur parcours et leur fonction auraient pu décider de partir de Syrie, grisés par les enjeux économiques dont ils étaient en charge, avec une seule visée mercantile», souligne Aurélie Valente.

Contre Bruno Lafont, désigné comme «le supérieur hiérarchi

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