Des faits «inédits et vertigineux». Les mots de la procureure nationale antiterroriste Aurélie Valente sont implacables, en introduction de son réquisitoire, mené à deux voix avec sa collègue Olga Martin-Belliard. La magistrate dénonce le «fonctionnement systémique mis en place par Lafarge et non quelques actes isolés, menant à considérer les organisations terroristes comme des partenaires commerciaux». Ce mardi 16 décembre, devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, le ministère public a livré pendant plusieurs heures une lourde charge contre la multinationale du ciment, en tant que personne morale, et contre plusieurs de ses anciens responsables, dont l’ex-PDG, Bruno Lafont. «La réalité de ce dossier, c’est l’histoire d’une faillite totale, d’individus qui par leur parcours et leur fonction auraient pu décider de partir de Syrie, grisés par les enjeux économiques dont ils étaient en charge, avec une seule visée mercantile», souligne Aurélie Valente.
Contre Bruno Lafont, désigné comme «le supérieur hiérarchi




