Nino et Marius, dont le père a été tué au Bataclan, sont devenus pupilles de la nation aux lendemains des attentats du 13 Novembre. Mais ça veut dire quoi, être «pupille de la nation» ? Ce statut a été créé en 1917 pour protéger les 980 000 orphelins de la Grande Guerre, qui n’étaient alors pris en charge que par les associations. Puis le droit s’est adapté aux réalités contemporaines : depuis 1986, tout enfant de moins de 21 ans dont un parent a été victime (décédé, blessé physiquement ou psychiquement) d’un acte terroriste peut en bénéficier. Ou tout enfant touché directement. «C’est un dispositif unique au monde», commente André Rakoto, directeur du service départemental de Paris à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), qui assume cette aide particulière aux victimes invisibles du terrorisme.
Rencontre
Une mission accomplie au nom de l’Etat. «La particularité de ces enfants, c’est qu’ils sont considérés comme des victimes de guerre. Les pupilles ont, d’une certaine manière, un statut dérogatoire, une attention




