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Pyrénées-Orientales : suicide d’une collégienne de 12 ans, le harcèlement évoqué par le parquet, pas constaté «à ce stade» par l’Education nationale

L’adolescente était scolarisée dans un établissement près de Perpignan. D’après le rectorat, le collège disposait du label Phare, dispositif pour repérer et traiter les cas de harcèlement en classe.

La collégienne était scolarisée dans un collège d’Ille-sur-Têt. (Adrien Nowak/Hans Lucas. AFP)
Publié le 24/01/2026 à 10h46, mis à jour le 24/01/2026 à 19h37

Une enquête a été ouverte après le suicide d’une collégienne de 12 ans dans les Pyrénées-Orientales, qui pourrait être en lien avec du harcèlement scolaire, a rapporté le parquet vendredi 23 janvier au soir. L’adolescente était scolarisée dans un collège d’Ille-sur-Têt, à environ 25 kilomètres à l’ouest de Perpignan.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’adolescente a mis fin à ses jours chez elle, dans le village de Glorianes, dans la nuit de jeudi à vendredi. «Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte. Il s’agit bien d’un suicide qui pourrait être en lien avec du harcèlement. C’est en tout cas ce que semble exprimer l’écrit qu’elle a laissé», a évoqué le procureur de Perpignan, Jérôme Bourrier.

L’Education nationale dit pourtant ne disposer «à ce stade» d’aucune information sur une «situation de harcèlement» scolaire ayant précédé ce suicide, a fait savoir samedi le rectorat de Montpellier. «Des vérifications sur ce point ont été menées toute la journée d’hier (vendredi) par un inspecteur d’académie, qui s’est rendu sur place. Les premiers éléments qui en sont issus ne permettent pas de parler d’un contexte de harcèlement en milieu scolaire», a estimé la directrice académique des services de l’Education nationale (Dasen) des Pyrénées-Orientales, Anne-Laure Arino, selon un communiqué transmis par le rectorat.

Le collège labellisé Phare

«Face aux interrogations qui peuvent se poser, toutes les vérifications vont être menées sans délai afin de faire la lumière sur le contexte scolaire dans lequel ce drame est survenu», écrit encore le rectorat. «Ce collège est par ailleurs labellisé Phare depuis 2024. Il s’agit d’un dispositif de prévention et de traitement des situations de harcèlement reposant sur la mobilisation des équipes éducatives et des élèves», poursuit-il.

Dans ce contexte, «tous les personnels de l’établissement, enseignants, personnels de vie scolaire, de direction et santé-social ont été formés spécifiquement à la prévention et à la lutte contre le harcèlement en mai 2025», ajoute-t-il.

Selon le quotidien local l’Indépendant, le rectorat a mis en place une cellule d’écoute au collège Pierre-Fouché qui sera ouverte aux élèves ces samedi et dimanche.

Selon des chiffres du ministère de la Justice, plus de 10 000 affaires de harcèlement scolaire ont été enregistrées par les parquets depuis mars 2022, et 240 condamnations ont été prononcées pour harcèlement scolaire de mars 2022 à fin 2024.

Depuis la loi dite Balanant de 2022, le harcèlement scolaire est devenu un délit punissable de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende lorsqu’il cause une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours, voire s’il n’a pas entraîné d’ITT.

Selon un baromètre publié en novembre 2025 par l’association de lutte contre le harcèlement Marion la main tendue, 17 % des élèves ont été victimes de harcèlement et 7 % sont identifiés comme auteurs. Parmi ces harceleurs, deux sur trois ont eux-mêmes été harcelés, et 60 % des auteurs déclarent n’avoir jamais été sanctionnés.

Mis à jour à 19h40 avec le communiqué du rectorat.
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