Route de Pombreton, à Nersac (Charente). Densité urbaine moyenne, autant de maisons de pierre que de champs. Le ciel est gris, pas une voiture à l’horizon, Jacqueline attend le bus. «Je ne marche pas beaucoup parce que je suis diabétique. Et aussi parce qu’on ne sait jamais, s’il m’arrivait quelque chose…» Elle désigne le bitume, sur sa droite. Au prochain arrêt, à quelques centaines de mètres, «c’est là-bas que la jeune fille a été attaquée l’année dernière. Elle descendait de chez elle par un petit chemin, le gars l’attendait en voiture…»
Le 31 janvier 2025, vers 7 h 20, avant le lever du soleil, une lycéenne de 17 ans avait été enlevée par un homme encagoulé. Il l’avait forcée à monter dans sa voiture, l’avait emmenée dans un bois, lui avait imposé une fellation puis des attouchements, avant de la relâcher. Ce viol avait causé un certain émoi dans la commune. Nersac, 2 200 habitants, n’était pourtant pas au bout de ses peines. Dix mois plus tard, les agressions utilisant un mode opératoire similaire se sont multipliées. Entre le 19 novembre et le 6 janvier, cinq tentatives et un enlèvement par un homme encagoulé ont été recensés dans l’agglomération d’Angoulême, dont trois à Nersac, sur six femmes âgées de 17 à 61 ans.




