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Justice

Quatre cyberharceleurs de la DJ Barbara Butch condamnés à des peines de quatre à dix mois prison avec sursis

Figure de la nuit LGBT +, l’artiste avait été la cible de propos haineux, antisémites, grossophobes et sexistes sur les réseaux sociaux, après sa prestation lors de la cérémonie d’ouverture des JO, le 26 juillet 2024.

Barbara Butch à Saint-Cloud, le 25 août 2024. (ANNA KURTH/AFP)
Publié le 21/11/2025 à 15h10

Ils ont contribué, par leurs messages sur les réseaux sociaux, publiés depuis leur canapé, à nourrir une meute haineuse et violente à l’encontre de l’artiste lesbienne et porte-étendard de la nuit LGBT + Barbara Butch. Quatre hommes ont été condamnés ce vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à des peines de quatre à dix mois de prison avec sursis pour harcèlement en ligne et menaces de violences. Le tribunal a en revanche relaxé un cinquième homme, estimant que les éléments constitutifs des infractions n’étaient pas réunis le concernant.

Ce délibéré intervient près de deux mois après leur procès, le 25 septembre. Le parquet avait alors requis des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis, et une peine de huit mois d’emprisonnement ferme contre ces hommes âgés de 24 à 57 ans. Ainsi que des stages de lutte contre la haine en ligne. Le ministère public avait réclamé des peines «exemplaires» et évoquant «des condamnations cruciales pour le message qu’elles envoient».

Entre-temps, la DJ a de nouveau été la victime de cyberharceleurs. Après l’annonce le 1er octobre de sa nomination en tant que directrice artistique de la Nuit Blanche 2026, Barbara Butch a fait l’objet d’une autre «virulente campagne numérique homophobe et grossophobe», selon les mots de la ville de Paris. Un signalement sur ces faits «susceptibles d’être qualifiés d’injures publiques à caractère discriminatoire et de harcèlement moral», a été transmis au procureur de la République, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.

Parodie de la Cène

A l’audience fin septembre, Barbara Butch était accompagnée par plusieurs de ses proches. Elle avait alors fait face à des personnes de tous milieux socioprofessionnels : directeur des achats, aide soignant, étudiant. «Tkt on va t’attraper la grosse», «[…] tu as passé une limite et tu le sais», «crève salope. J’espère te croiser sale chienne […]», lui avaient-ils par exemple envoyé par messages privés sur Instagram.

Ce jour-là, la plupart regardaient le bout de leurs baskets. S’autoaccusant de lâcheté, d’avoir manqué d’intelligence, ou plaidant une question «d’interprétation» face à des messages «puéril(s) et pas sympa(s)». Plusieurs ont soutenu avoir été blessés à la découverte du tableau Festivité de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.

Le 26 juillet 2024, Leslie Barbara Butch montait sur la passerelle Debilly, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour performer entourée de drag-queens et de Philippe Katerine déguisé en Dionysos bleu. Une mise en scène que certains ont comparé à une parodie de la Cène de Léonard de Vinci. «J’en veux à ces personnes d’avoir gâché la fête qui représentait vraiment les valeurs de la France», avait notamment déclaré la DJ.

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