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Quatre personnes suspectées d’espionnage au profit de Pékin interpellées en Gironde

Les suspects, parmi lesquels au moins deux Chinois, ont été repérés grâce notamment à une parabole de 2 mètres de diamètre. Une information judiciaire a été ouverte ce mercredi par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris.

Lors d’une perquisition le 31 janvier dans le logement Airbnb, les autorités ont notamment mis la main sur «un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques». (Quentin Top/Hans Lucas. AFP)
Publié aujourd'hui à 18h21

Quatre personnes, dont au moins deux ressortissants chinois, sont soupçonnées d’avoir tenté d’espionner des télécommunications françaises stratégiques au profit de Pékin, a appris Libération du parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. Elles ont été interpellées samedi en Gironde et sont présentées ce mercredi 4 février à un juge d’instruction parisien en vue de leur mise en examen. Le parquet a requis la détention provisoire pour deux suspects. Selon nos confrères, tous quatre sont âgés de 27 à 45 ans.

Une information judiciaire a été ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris et porte sur pas moins de huit infractions, parmi lesquelles la «livraison d’informations à une puissance étrangère […] de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation» ; l’«extraction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé de données commis en bande organisée» ; l’«utilisation non autorisée de fréquence ou installation radioélectrique» ou la «détention, la fabrication et l’importation non autorisées d’un dispositif technique ayant pour objet la captation de données informatiques». L’enquête a été confiée à la DGSI.

«Mission de captation de données satellitaires»

Deux des suspects ont attiré l’attention de voisins en installant une parabole d’environ 2 mètres de diamètre «depuis un logement loué par Airbnb en Gironde», explique le parquet de Paris dans son communiqué. La police a été avisée le 30 janvier, quand la mise en place du dispositif est corrélée à une déconnexion internet dans le quartier. Les deux ressortissants chinois sont alors suspectés «d’effectuer une mission de captation de données satellitaires du réseau Starkink et des données provenant d’entités d’importance vitales, notamment militaires, afin de les retransmettre à leur pays d’origine, la Chine», écrit le parquet de Paris.

Les deux hommes sont arrivés en France en se présentant comme des ingénieurs. Pour obtenir leur visa, ils ont déclaré travailler pour une entreprise «consacrée à la recherche et au développement d’équipements et de systèmes de communication sans fil». Celle-ci est alors censée proposer des produits destinés à l’éducation, aux communications mobiles, aux communications ondes courtes ou aux très hautes fréquences. L’entreprise «axe son développement technologique sur les faisceaux intelligents, la reconnaissance des signaux et les réseaux satellitaires, et coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire», explique encore le parquet.

«Entités militaires d’importance vitale»

Lors d’une perquisition le 31 janvier dans le logement Airbnb, les autorités vont notamment mettre la main sur «un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires». Ce dernier doit être exploité par les enquêteurs. Ils ont interpellé les deux ressortissants chinois, qui ont été placés en garde, à vue lors de la perquisition.

D’après les premières analyses, menées par l’Agence nationale des fréquences radios, des fréquences et des équipements ont pu être utilisés de manières «illégale» ou «non conforme». Le dispositif permettait «d’intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires d’importance vitale», traduit le parquet.

Deux autres personnes ont été interpellées alors qu’elles arrivaient dans le logement. Elles sont suspectées d’avoir importé illégalement du matériel. «Une antenne Starlink usagée et un boîtier permettant d’afficher la réception satellitaire» ont été retrouvés «dans leur commerce», indique le parquet de Paris. Selon les premières déclarations de ces deux autres suspects, «les deux occupants du logement cherchaient à comprendre la technologie Starlink».

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