Menu
Libération
Rétropédalage

Réforme de la police judiciaire: Darmanin recule à pas feutrés dans un courrier

Réservé aux abonnés

La volonté du ministre de l’Intérieur de «départementaliser» la PJ à tout prix s’est heurtée à une vive résistance des concernés. Après l’éviction d’un des patrons de la PJ, tenu pour responsable de la fronde, Gérald Darmanin a fait des concessions sur un projet toujours nimbé d’incertitudes.

Le courrier «à l’attention des personnels de la direction centrale de la police judiciaire» commence par un peu de pommade, le ministre témoignant son «soutien» et son «respect» aux agents. (Julien de Rosa/AFP)
Publié le 10/10/2022 à 18h00

Pyromane, le ministre de l’Intérieur deviendrait-il pompier ? Avec un courrier adressé aux fonctionnaires de la police judiciaire (PJ), et une interview au Parisien, Gérald Darmanin tente d’éteindre l’incendie allumé par sa volonté de réformer la PJ. Un projet qui fait l’unanimité contre lui : les intéressés, comme les organisations représentatives de la magistrature, se sont prononcés contre. Entre les lignes de la missive et de sa prise de parole médiatique, le locataire de la place Beauvau concède des reculades, ajourne le projet et entrouvre la porte à un dialogue qu’il avait jusqu’ici refusé.

La rapidité de la séquence étonne, quand on connaît le rythme habituel de l’administration policière. Jeudi dernier, une vidéo fuite : le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, est filmé à Marseille au milieu d’une haie de déshonneur formée par les membres de la police judiciaire opposés à la réforme. L’humiliation appelle une sanction :

Dans la même rubrique