«Le contraste finit par devenir inquiétant entre, d’une part, la modestie des moyens humains et techniques [du contrôleur], d’autre part la sophistication des outils des services et la progression annoncée de leurs moyens.» C’est par ce constat, poli sur la forme mais parfaitement clair et clairement alarmant sur le fond, que se conclut l’avant-propos du dernier rapport annuel, rendu public ce jeudi 15 juin, de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Président de cette autorité administrative indépendante chargée de superviser l’usage des outils de surveillance par les services secrets, le conseiller d’Etat honoraire Serge Lasvignes l’écrit sans détour : il faut désormais une «décision politique» pour sortir de ce décrochage. Question d’autant plus urgente, et cruciale au plan démocratique, qu’on touche là au cœur du régalien, en un domaine recouvert de l’épais manteau du secret-défense. Et que le renforcement des pouvoirs du contrôleur, en amont comme en aval des mises sous surveillance, était justement la promesse des promoteurs de la loi renseignement de 2015, qui marquait une extension inédite de l
Sécurité
Renseignement : le gendarme de la surveillance alerte sur le décrochage des moyens de contrôle
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Dans son dernier rapport annuel, rendu public ce jeudi 15 juin, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement appelle à «une décision politique» pour renforcer ses prérogatives.
L’évolution des pratiques, significative, pose de plus en plus de difficultés. (Denis Allard/Libération)
Publié le 15/06/2023 à 18h30
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