L’affaire dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy fera-t-elle l’objet d’un procès ? C’est en tout cas la demande du Parquet national financier qui a, comme attendu, requis ce mardi 16 décembre le renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni et la «papesse» des paparazzi Mimi Marchand. Tous les trois sont mis en examen dans l’affaire de la fausse rétractation de Ziad Takieddine, intermédiaire à l’origine de révélations sur cette affaire qui a valu à l’ancien président d’être condamné à cinq ans de prison en septembre 2025.
Le parquet requiert le renvoi de Nicolas Sarkozy pour «association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée» et «recel de subornation de témoin», celui de son épouse seulement pour la première infraction. La justice se demande si l’ancien président a avalisé ces manœuvres présumées pour obtenir la volte-face du principal témoin à charge contre lui, l’intermédiaire Ziad Takieddine. L’ancienne première dame est de son côté soupçonnée d’avoir pris une ligne téléphonique cachée qui aurait servi au couple Sarkozy pour recevoir des messages de «Mimi» Marchand sur l’organisation de l’interview de Ziad Takieddine au cours de laquelle il était revenu sur ses accusations contre Nicolas Sarkozy.
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Pour la communicante, le parquet demande le renvoi également pour «subornation de témoin» et «association de malfaiteurs en vue de corrompre des personnes exerçant des fonctions juridictionnelles au Liban». L’ancien président a saisi la cour d’appel de Paris d’une demande de nullité de sa mise en examen, tout comme Carla Bruni-Sarkozy. Ces recours n’ont pas encore été examinés. La décision de les renvoyer ou non devant le tribunal correctionnel revient au juge d’instruction chargé du dossier.
Opération «Sauvez Sarko»
L’affaire de la fausse rétractation de Ziad Takieddine, appelée opération «Sauvez Sarko» par certains protagonistes, est liée au dossier principal du financement libyen de la campagne de 2007. En novembre 2020, dans une interview à Paris Match et à BFM, le sulfureux intermédiaire avait assuré, contrairement à tout ce qu’il avait dit jusque-là, qu’il «n’y a[vait] pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy» de la part des Libyens et que «Sarkozy n’a pas touché un centime» de sa part. Mais quelques mois plus tard, après des révélations de Libération puis de Mediapart, la justice questionnait ouvertement la sincérité de cette volte-face, ouvrant une enquête pour «subornation de témoin» et «association de malfaiteurs».
L’ex-chef de l’Etat (2007-2012) a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison dans ce dossier. Il a fait appel et doit être rejugé à partir du 16 mars 2026.




