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Justice

«Revenge porn» : un magistrat mis en examen pour avoir incité en ligne à l’enlèvement et au viol de son ex-épouse

De 2017 à 2025, Olivier B. aurait posté des photos intimes et des informations sur son ex-épouse, appelant à la séquestrer et la violer, dénonce la défense de la victime. Vice-président du tribunal de Blois, il est toujours en poste.

Le tribunal de Blois (Loir-et-Cher), en 2018. (Guillaume Souvant/AFP)
Publié le 04/12/2025 à 17h06

Arrivé à Blois il y a trois ans, Olivier B. a déserté les couloirs du palais de justice il y a quelques semaines. Ce magistrat du tribunal du Loir-et-Cher a été mis en examen fin octobre, notamment pour cyberharcèlement envers son ex-épouse. L’homme est soupçonné d’avoir appelé à son enlèvement et à son viol, a indiqué le parquet de Paris ce jeudi 4 décembre, confirmant une information de Mediapart.

Le vice-président de la juridiction a été mis en examen le 31 octobre pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime, cyberharcèlement et diffusion non consentie d’images à caractère sexuel – autrement appelée «revenge porn» – sur une période allant de 2017 à 2025, précise le parquet.

Intimidation à répétition

La plaignante est son ex-femme, Aurélie (le prénom a été modifié), salariée de l’Ecole de formation des barreaux de la cour d’appel de Paris. Cette dernière soupçonne Olivier B. d’être derrière des tentatives d’intimidation à répétition depuis leur séparation en 2014.

La situation aurait «explosé ces dix-huit derniers mois», selon l’avocat de la plaignante. Des photos intimes d’elle, ainsi que des photomontages pornographiques la représentant, sont apparues sur le dark web. Après le dépôt d’une première plainte en 2020, une enquête a été ouverte en 2024 par la brigade de répression de la délinquance contre la personne.

«Demande d’interdiction d’exercer»

Sur des groupes de discussions sur le dark web, ces sites non consultables via les moteurs de recherche traditionnels, des photos d’Aurélie ont été partagées, avec tous les détails nécessaires pour la retrouver à son domicile et sur son lieu de travail. Et «il y a un homme qui, sur ce dark web, a incité à l’enlever, la séquestrer et la violer. Avec son nom, son adresse et son numéro de téléphone», a précisé Me Xavier Autain, l’avocat d’Aurélie, à l’AFP.

Selon une source proche de l’enquête, «tout s’est arrêté» après la perquisition et la garde à vue d’Olivier B. en juin, avant de reprendre huit semaines plus tard. Depuis sa mise en examen, le magistrat est sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire et de paraître au domicile de son ex-femme.

«Mon client est présumé innocent et il conteste les faits qui lui sont reprochés», a déclaré son avocat, Me Arnaud Simonart. Le magistrat est toujours en poste mais «une demande d’interdiction temporaire d’exercer sera faite au Conseil supérieur de la magistrature rapidement», a indiqué le ministère de la Justice.

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