Dans les lieux désormais déserts, les stigmates d’un passé maudit se nichent dans chaque recoin : les carreaux fêlés, quelques traces rougeâtres sur le sol usé, des coulées qui suintent le long d’une canalisation ou l’usure qui grignote les murs. Les tables de dissection sont recouvertes de linceuls bleus. Un squelette hante toujours le débarras et des os sont stockés dans de vieilles boîtes en carton. Le Centre du don des corps (CDC) de Paris-Descartes, dans le VIe arrondissement de la capitale, a fermé ses portes en novembre 2019 après que l’Express a révélé «un charnier» entre les murs : des dépouilles entremêlées sur des chariots, des têtes moisies, des membres putréfiés et d’autres abîmés par des rongeurs… Ces descriptions ont mis fin à des années d’omerta dans le «temple de l’anatomie française», le plus important et le plus vétuste de France, et sont devenues le point de départ d’une enquête judiciaire pour «atteinte à l’intégrité d’un cadavre»,toujours entre les mains des juges d’instruction parisiens.
Enquête
Scandale du don des corps : autopsie des responsabilités
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Après la découverte de la conservation indigne des dépouilles à l’université Paris-Descartes, une enquête administrative a été diligentée. «Libération» a pu consulter le rapport de 90 pages dans son intégralité, dévoilant les entorses à l’éthique des préparateurs et une guerre de pouvoir au sein de la faculté.
Devant l'université Paris-Descartes, en juillet 2015. (Bruno Levesque/IP3)
Publié le 28/04/2021 à 20h35
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