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Procès pour viol sur une stagiaire : l’avocat parisien Alex Ursulet acquitté, le parquet fait appel

L’avocat parisien Alex Ursulet était poursuivi pour un acte sexuel non consenti à son cabinet en 2018. Ce lundi 17 novembre, le parquet général a annoncé avoir interjeté appel.

L'avocat Alex Ursulet, le 25 janvier 2005 au Palais de Justice de Paris. (Jack Guez/AFP)
Publié le 15/11/2025 à 13h26, mis à jour le 17/11/2025 à 17h05

L’avocat Alex Ursulet, figure du barreau de Paris autrefois associé de Jacques Vergès, a été acquitté samedi 15 novembre au soir par la cour criminelle de Paris qui le jugeait pour le viol d’une stagiaire dans son cabinet en janvier 2018. Dans ses derniers mots avant que la cour ne se retire pour délibérer, cet homme de 68 ans avait répété son «innocence».

Si les juges ont estimé qu’il y avait bien eu un rapport sexuel, ils ont relevé que son intention de commettre un viol n’avait pu être établie. «C’est une décision cynique qui appelle nécessairement un nouveau procès», a commenté l’avocat de la plaignante, Me Thibault Laforcade, appelant de ses vœux un appel du parquet général auquel la défense a dit s’attendre.

Au terme d’un réquisitoire très dur, l’avocat général Philippe Courroye avait réclamé treize ans de réclusion criminelle, ainsi qu’une incarcération immédiate. Ce lundi 17 novembre, le parquet général a annoncé avoir interjeté appel.

«Contrainte»

Alors qu’Alex Ursulet avait toujours nié une quelconque relation d’ordre sexuel avec sa stagiaire alors âgée de 25 ans, l’un de ses avocats, Luc Brossollet, avait infléchi la défense de son client, plaidant l’hypothèse d’une «relation malheureuse dominant-dominée dans laquelle» la plaignante serait d’abord rentrée de son plein gré avant de souhaiter s’en sortir. Ce «jeu», certes, «n’a pas laissé indemne» la plaignante, qui a choisi d’en sortir en quittant le cabinet dès le lendemain des faits. Mais il était consenti, avait-il poursuivi. Et dans ce contexte, selon Me Brossolet, rien ne pouvait indiquer à Alex Ursulet que «les pénétrations alléguées» ne l’auraient pas été.

Pour condamner, il «faut une certitude à la hauteur» de la peine demandée, selon Me Fanny Colin, autre conseil d’Alex Ursulet. Or ici, «il existe un doute plus que raisonnable», avait-elle plaidé. Alex Ursulet a été cloué «au pilori de l’infamie, pire au pilori du viol», avait renchéri Me Edouard Martial, autre avocat de l’accusé.

«Il n’y a pas de complot, elle a bien été victime d’un viol» commis par Alex Ursulet, «sorte de droit de cuissage», avait dénoncé lors de son réquisitoire l’avocat général Philippe Courroye, selon qui il y a eu «contrainte», «surprise» et la circonstance aggravante de faits commis par une personne ayant autorité.

Dans son réquisitoire aussi minutieux qu’implacable pour l’accusé, il avait également fustigé ses «contradictions» et ses «incohérences» face à une plaignante «constante dans ses déclarations», qu’il a félicitée d’avoir eu «la force pour dénoncer ces faits criminels», elle, la jeune stagiaire, face à un ténor du barreau de 35 ans son aîné : «Rien n’est pire que le silence.»

Mise à jour : lundi 17 novembre, avec l’appel du parquet général.

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