Les illusions ne durent jamais bien longtemps. Elles s’envolent. Parfois, lorsqu’elles sont mal réalisées, on en voit même grossièrement les ficelles. Devant le tribunal judiciaire de Paris, la défense de Joël Guerriau s’est effondrée. Au terme d’un délibéré de près de cinq heures, l’ex-sénateur centriste a été reconnu coupable d’avoir «administré à une personne, à son insu, une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes afin de commettre un viol ou une agression sexuelle» et d’avoir détenu des stupéfiants. Il a été condamné à une peine de 4 ans de prison, dont 18 mois ferme avec obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec la victime et de l’indemniser pour avoir tenté d’intoxiquer, le 14 novembre 2023 lors d’une soirée à son domicile, la députée MoDem Sandrine Josso, une amie politique qu’il connaissait depuis une dizaine d’années.
A l’annonce de la peine, faisant l’objet d’un mandat de dépôt différé, Joël Guerriau, les yeux rougis, semble hébété. Il reste droit face à la cour. Quatre années, dont une assortie d’un sursis probatoire de deux ans et d’une obligation de soins, avaient été requises par le ministère public. La cour a retenu dans sa décision les «déclarations constantes de la victime», le «taux élevé de MDMA administré», les «conséquences tant physiques que psychologiques». Le président, Thierry Donard, dit aussi avoir tenu compte des «conditions intimistes» de la soirée, son




