Menu
Libération
Justice

Soupçons de lobbying pour GDF Suez : plusieurs perquisitions et une enquête pour corruption ouverte contre Rachida Dati

Le domicile de la ministre, mais également la mairie du VIIe arrondissement et le ministère de la Culture ont été l’objet d’opérations policières ce jeudi. Elle est soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros d’honoraires de GDF Suez quand elle était eurodéputée, sans en déclarer la provenance au Parlement européen.

Rachida Dati le 2 décembre 2025, à l'Elysée. (Julien de Rosa/AFP)
Publié le 18/12/2025 à 14h19, mis à jour le 18/12/2025 à 17h09

Après l’affaire des bijoux cachés, un nouveau volet judiciaire s’ouvre pour Rachida Dati. Des perquisitions ont été menées ce jeudi 18 décembre à son domicile, à la mairie du VIIe qu’elle dirige, ainsi qu’au ministère de la Culture, dans le cadre d’une nouvelle information judiciaire ouverte le 14 octobre pour corruption, a indiqué le Parquet national financier (PNF), confirmant une information du Nouvel Obs et de Complément d’enquête. Motif de ces opérations menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) : la ministre de la Culture est soupçonnée d’avoir été rémunérée par GDF Suez en 2010 et 2011, le tout alors qu’elle était élue au Parlement européen en parallèle de son métier d’avocate. Une procédure qui aurait servi les intérêts du groupe et qui s’avérerait totalement illégal. Selon le PNF, une information judiciaire pour corruption active et passive, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment de ces délits, a été ouverte le 14 octobre et confiée à deux juges d’instruction du pôle économique et financier du tribunal judiciaire de Paris.

Selon une émission de Complément d’enquête diffusée en juin, celle qui est lancée à la conquête de la mairie de Paris aurait ainsi perçu 299 000 euros d’honoraires de GDF Suez. Une enquête interne diligentée par le groupe affirme par ailleurs que ces paiements ont été «retrouvés». Charge à présent aux policiers de l’OCLCIFF de mettre la main sur les traces matérielles de ces versements d’argent et sur les liens financiers entre la ministre de la Culture et le groupe industriel gazier.

La ministre rejette en bloc ces accusations

La ministre de la Culture, par ailleurs mise en examen pour «corruption passive» dans l’affaire Carlos Ghosn, a, elle, toujours récusé tout lien contractuel avec le groupe gazier français, rebaptisé Engie en 2015. En 2014, elle affirmait notamment sur le plateau de France 2 n’avoir «aucun conflit d’intérêts, sinon ça se saurait».

Selon le Nouvel Obs et l’émission de France 2, le Parquet national financier (PNF) a ainsi ouvert une information judiciaire pour les chefs de «corruption active et passive», «trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique», «abus de bien social et abus de confiance», «détournement de fonds publics par une personne investie d’un mandat public» et «recel et blanchiment» de ces délits. Une nouvelle enquête ouverte il y a plusieurs semaines, mais qui était jusqu’ici restée secrète.

Mise à jour : à 16 h 40 avec la fin des perquisitions à la mairie et dans les domiciles de Rachida Dati ; à 17 h 09 avec la perquisition du ministère de la Culture.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique