Evoquée dans un premier temps, la piste du harcèlement scolaire ne semble plus être à l’ordre du jour. Après le suicide d’une collégienne de 12 ans dans les Pyrénées-Orientales en fin de semaine dernière, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a affirmé ce lundi 26 janvier que d’après «les premières analyses», «nous n’avons aucun élément, à l’intérieur de l’établissement ou en dehors, qui témoignerait d’un harcèlement», a-t-il souligné au micro de France Info.
«En revanche, les différents éléments m’ont conduit à faire un signalement au procureur sur l’environnement familial de cette jeune fille», a ajouté le ministre, au titre de l’article 40 du code de procédure pénal, qui permet aux élus et agents de l’Etat de saisir la justice. Édouard Geffray a évoqué «des faits dont on a eu connaissance et qui nous semblent justifier qu’il y ait un regard de la justice», sans donner plus de détails. Il a tout de même affirmé qu’une «enquête administrative» a été lancée par ses services, «après la venue d’un inspecteur académique aussitôt» après les faits.
Analyse
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’adolescente s’est pendue dans sa chambre du domicile familial du village de Glorianes. Elle était scolarisée dans un collège d’Ille-sur-Têt, à environ 25 kilomètres à l’ouest de Perpignan.
En annonçant l’ouverture d’une enquête «en recherche des causes de la mort» vendredi, le procureur de Perpignan, Jérôme Bourrier, avait évoqué «un suicide qui pourrait être en lien avec du harcèlement. C’est en tous cas ce que semble exprimer l’écrit qu’elle a laissé».
Etablissement labellisé «Phare»
Mais le rectorat de Montpellier a affirmé samedi ne disposer «à ce stade» d’aucune information sur une «situation de harcèlement» scolaire ayant précédé le drame. «Des vérifications sur ce point ont été menées toute la journée d’hier (vendredi) par un inspecteur d’académie, qui s’est rendu sur place. Les premiers éléments qui en sont issus ne permettent pas de parler d’un contexte de harcèlement en milieu scolaire», a estimé la directrice académique des services de l’Education nationale (Dasen) des Pyrénées-Orientales, Anne-Laure Arino, dans un communiqué.
«Face aux interrogations qui peuvent se poser, toutes les vérifications vont être menées sans délai afin de faire la lumière sur le contexte scolaire dans lequel ce drame est survenu», a encore écrit le rectorat.
En outre, le collège où était scolarisée l’adolescente est labellisé «Phare» depuis 2024. «Il s’agit d’un dispositif de prévention et de traitement des situations de harcèlement reposant sur la mobilisation des équipes éducatives et des élèves», a poursuivi le rectorat. Dans ce contexte, «tous les personnels de l’établissement, enseignants, personnels de vie scolaire, de direction et santé-social ont été formés spécifiquement à la prévention et à la lutte contre le harcèlement en mai 2025».




