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Exécutif

Sur le narcotrafic, le gouvernement vole en déclas

Une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci, les membres de l’exécutif multiplient les sorties chocs. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, se déplacent à Marseille ce jeudi 20 novembre.

Lors d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Marseille dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, en mars 2024. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 19/11/2025 à 21h17

Un air de déjà-vu, comme après chaque drame. Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, se déplacent ce jeudi 20 novembre à Marseille, une semaine jour pour jour après l’assassinat de Mehdi Kessaci, frère d’Amine, militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Un «crime d’intimidation», selon les autorités, qui multiplient ces derniers jours les déclarations se voulant chocs.

Mercredi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a estimé que ce sont «parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants», selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. «On ne peut pas déplorer d’un côté les morts et de l’autre continuer à consommer le soir en rentrant du travail», a-t-elle ajouté. La veille, le chef de l’Etat avait appelé à «amplifier» la lutte contre le narcotrafic en adoptant la même approche que pour «le terrorisme».

Une direction de la PJ, sur le modèle de la DGSI ?

De son côté, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a réclamé depuis les Emirats arabes unis, où il se trouve en déplacement, l’extradition d’«une quinzaine» de narcotrafiquants suspectés, «particulièrement signalés» et recherchés par la France, qui vivraient dans ce pays du golfe Persique. Des cibles qu’il faut aussi «[taper] au portefeuille au niveau international», selon le ministre.

Une nuée de déclarations auxquelles viennent se heurter celles de l’Association nationale de la police judiciaire, et dont les enquêteurs sont chargés de la délinquance de haut spectre (criminalité organisée, financière, etc.). Depuis deux ans, celle-ci ne cesse d’alerter sur la «désorganisation» des services engendrée par la réforme de la police en 2023, estimant à propos du narcotrafic que les «pouvoirs publics se montrent incapables d’anticiper et d’endiguer un phénomène désormais structurel». L’association prend même au mot Emmanuel Macron, en revendiquant «la création d’une direction générale de la police judiciaire forte, rassemblée et connectée, à l’image de la DGSI».

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