L’image, postée le 6 septembre 2025 dans la story Instagram de l’influenceuse d’extrême droite Mila Orriols, que Libération a pu consulter, est peu équivoque : on y voit un tee-shirt siglé «Adidolf», référence à peine voilée à Adidas, sur lequel les trois bandes de la marque ont été remplacées par des bras effectuant des saluts nazis. Selon les informations de StreetPress, confirmées par Libération auprès de l’association, SOS Racisme a déposé dans la foulée une plainte pour «apologie de crime contre l’humanité».
«Il n’y a aucun doute, c’est de l’antisémitisme»
La story a été diffusée auprès des plus de 59 000 abonnés de la jeune femme de 22 ans, apparue dans le paysage médiatique en 2020 après ses critiques en ligne sur l’islam qui lui ont valu une vague de harcèlement – ce qui est devenu par la suite «l’affaire Mila». Cette dernière est depuis devenue une égérie de l’extrême droite française, active notamment au sein du collectif fémonationaliste Némésis et proche de mouvements néofascistes.
Toujours selon StreetPress, Mila Orriols s’est défendue des intentions que lui prêtent l’association sur Instagram, invoquant une publication humoristique. «Il n’y a aucun doute, c’est de l’antisémitisme, affirme au contraire SOS Racisme auprès de nos confrères. Ce sont toujours les mêmes éléments de langage, alors même qu’ils véhiculent de la haine. Nous ne voyons pas dans quel monde on peut diffuser des visuels nazis, s’en réclamer de l’humour et surtout ne pas être inquiété.»
«Injures publiques à caractère raciste»
L’association précise dans sa plainte que «la jurisprudence a pu considérer que la réalisation d’un salut nazi est constitutive du délit d’apologie de crime contre l’humanité», et que la liberté d’expression telle que protégée par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme «connaît des limites dès lors qu’il s’agit d’apologie ou de banalisation de crimes notamment liés au nazisme ou au terrorisme». «Dans de tels cas, ajoute SOS Racisme, l’intention humoristique ne suffit pas à exonérer l’auteur car la valorisation implicite d’idéologies criminelles peut légitimement être sanctionnée par les Etats au nom de la protection de la paix sociale et de la lutte contre la haine.»
Mila Orriols venait d’être condamnée en décembre à 2 000 euros d’amende avec sursis pour «injures publiques à caractère raciste», pour avoir écrit sur le réseau social X en février 2024 qu’une «immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et de très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours». Elle a fait appel de cette décision, que son avocat, Me Robinson Barbier, qualifiait de «défaite pour la liberté d’expression». Elle est également poursuivie pour avoir écrit, toujours sur X, que «les civils en Palestine» étaient «TOUS des terroristes» et que «leurs enfants le deviendr[aient] un jour», après une plainte de la Ligue des droits de l’homme.




