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Justice

Tabassage de «Maria» à Marseille en 2018 : un dixième policier mis en examen, pour «violences aggravées»

Le policier a été mis en examen pour «violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion et par une personne dépositaire de l’autorité publique)» mais aussi pour «non-assistance à personne en danger», comme les neuf autres mis en cause dans cette affaire.

Le 8 décembre, jour de l'agression de «Maria», avait lieu une manifestation des gilets jaunes a Marseille. (Clement Mahoudeau/Riva Press)
Publié le 05/12/2025 à 15h41

Un policier a été mis en examen pour «violences aggravées» pour le passage à tabac d’une jeune femme par les forces de l’ordre en marge d’une manifestation à Marseille en 2018, a annoncé ce vendredi 5 décembre le parquet de la ville. Sept ans après les faits, il s’agit du premier policier directement incriminé pour les violents coups reçus par Angelina, jeune femme de 19 ans qui se faisait jusqu’alors appeler «Maria» : le 8 décembre 2018, elle avait eu le crâne fracturé, lui occasionnant d’importantes séquelles.

Le policier a été mis en examen pour «violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion et par une personne dépositaire de l’autorité publique)» mais aussi pour «non-assistance à personne en danger», selon un communiqué du parquet. Le parquet avait requis un placement en détention provisoire, mais le juge des libertés a décidé de placer le fonctionnaire «sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer», ce dont le parquet a indiqué n’avoir pas intention de faire appel «à ce stade».

Dix policiers mis en examen au total

Un second fonctionnaire de police a également été mis en examen pour «non-assistance à personne en danger», selon la même source, qui précise qu’il avait lui aussi été placé sous contrôle judiciaire. Selon Mediapart, le fonctionnaire était affecté au moment des faits à la Bac nord de Marseille et a depuis été muté à Toulon. Avec ces nouvelles mises en cause, cela porte à dix le nombre de policiers mis en examen. Outre les deux cas précités, les huit autres fonctionnaires sont poursuivis pour «non-assistance à personne en danger», dont l’un est également poursuivi pour violences aggravées sur le petit ami d’Angelina, qui se trouvait avec elle au moment des faits.

Ce 8 décembre 2018, lors d’un jour de manifestations à Marseille, la jeune vendeuse, qui rentrait du travail accompagné de celui qui était son petit ami à l’époque, avait été atteinte par un tir de LBD à la cuisse, dans une ruelle du cœur commerçant de la ville. Elle avait été ensuite violemment frappée au sol par une quinzaine de policiers, à coups de pied et de matraques. En voulant la protéger, son petit ami avait également été violenté par les forces de l’ordre.

Ce jour-là, plusieurs manifestations s’étaient rejointes dans le centre-ville, où un dispositif de sécurité mobilisait 500 policiers : une marche contre l’habitat indigne, un mois après l’effondrement meurtrier des immeubles de la rue d’Aubagne, une marche pour le climat et une manifestation de gilets jaunes.

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