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Procès

Tabassage de Michel Zecler : trois policiers renvoyés devant la cour criminelle de Paris en novembre

Accusés de multiples violences perpétrées contre le producteur de musique noir fin 2020, les trois agents seront jugés à partir du 9 novembre.

Capture d'écran tirée d'une vidéo de l'AFP datant du 27 novembre 2020, qui montre des images de vidéosurveillance sur lesquelles on voit le producteur Michel Zecler se faire passer à tabac par des policiers à Paris, le 21 novembre 2020. (-/AFP)
Publié aujourd'hui à 17h27, mis à jour le 10/02/2026 à 18h54

Un procès, enfin, six ans après les faits. Trois policiers seront jugés du 9 au 19 novembre devant la cour criminelle départementale de Paris pour l’agression à Paris du producteur noir de musique Michel Zecler, selon une information de Paris Match confirmée par l’AFP auprès de sources proches du dossier. Les trois agents comparaîtront pour violences volontaires avec incapacité totale de travail supérieure à 45 jours, par personne dépositaire de l’autorité publique, en réunion et avec arme, ainsi que pour faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP).

«Avalanche de coups»

L’affaire, à l’époque, avait provoqué un scandale et fait réagir jusqu’à Emmanuel Macron. Le 21 novembre 2020, Michel Zecler avait été interpellé devant chez lui pour non-port du masque, en période de regain de Covid, et suspicion de consommation de cannabis, puis passé à tabac dans son studio d’enregistrement. Ces faits avaient été filmés par une caméra de vidéosurveillance, et les images révélées sur le site Loopsider, devenant virales. L’«avalanche de coups» portés durant quatre minutes «n’était pas nécessaire et s’inscrivait dans le cadre d’une action illégitime», selon l’ordonnance de renvoi, dont l’AFP a eu connaissance.

L’éventuel caractère raciste de l’agression a été en revanche écarté par les juges d’instruction. Michel Zecler soutenait lui depuis le début de l’affaire qu’un des policiers, Aurélien L., lui avait lancé «sale nègre» et qu’un autre, Philippe T., avait tenu des propos racistes à son encontre. «Cette décision ne postule ni n’affirme que les déclarations de Monsieur Zecler sur ce point seraient insincères. Elle se borne à constater que les éléments de preuve en ce sens ne sont pas à la hauteur des standards applicables à la matière pénale», avaient expliqué les juges. Le ministère public avait, lui, demandé que cette circonstance soit retenue.

Manquements déontologiques graves

L’avocate du producteur, Caroline Toby, avait regretté en juin que «la circonstance aggravante [de racisme] n’ait pas été retenue […], et ce malgré les éléments réunis ainsi que les témoignages qui les ont confirmés». Elle avait souligné que Michel Zecler ne souhaitait «rien de moins que la tenue de ce procès, pour enfin mettre cette longue épreuve derrière lui». En novembre dernier, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a réclamé que les policiers mis en cause passent enfin devant un conseil de discipline pour des manquements déontologiques graves, dont la tenue de propos racistes. Elle a pointé des faits d’une «extrême gravité, à la fois pour la victime mais également pour l’image de la police et la confiance qu’elle doit inspirer aux citoyens».

Un quatrième fonctionnaire, âgé de 40 ans, sera jugé de son côté en correctionnelle pour des violences avec arme, une grenade lacrymogène lancée contre Michel Zecler et plusieurs jeunes hommes. Contactés mardi par l’AFP, les avocats de Michel Zecler et des policiers n’ont soit pas donné suite, soit pas souhaité commenter ce futur procès.

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