Tandis que des nouveaux drames continuent d’endeuiller quasi quotidiennement la Manche, dix-sept passeurs ont été condamnés ce mercredi 28 janvier à des peines allant d’un an de prison avec sursis, à huit ans ferme. Ils avaient notamment utilisé des «taxi-boats» pour transporter clandestinement des migrants depuis la France vers le Royaume-Uni, au cours de l’année 2023.
Trois des mis en cause ont également été condamnés pour homicide involontaire, après la mort d’une Érythréenne de 24 ans lors d’une traversée organisée par ce réseau de passeurs en septembre 2023. La plupart ont aussi été condamnés à des amendes allant de 10 000 à 150 000 euros, et d’interdictions de territoire français.
Seules les nationalités de deux d’entre eux ont pu être établies avec certitude, a précisé ce mercredi la présidente du tribunal. Durant leur procès à Lille fin 2025, huit d’entre eux s’étaient déclarés Syriens, d’autres Libyens, Irakiens ou Tunisiens, parmi d’autres nationalités représentées.
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Âgés d’une vingtaine à une quarantaine d’années, les 17 hommes avaient comparu pendant deux semaines devant la chambre correctionnelle de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) du tribunal judiciaire de Lille pour «aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en bande organisée», «participation à une association de malfaiteurs» et «mise en danger d’autrui».
A l’issue du procès, le parquet avait requis des peines allant d’un à neuf ans de prison, en plus d’amendes et d’interdictions du territoire français pour la plupart. Le ministère public avait également estimé être «face à un réseau qu’on pourrait comparer à un réseau de stupéfiants», organisé selon une hiérarchie précise où chacun a «un rôle, des responsabilités différentes et une rémunération spécifique».
«Organisateurs», «guides» et «conducteurs»
Selon le parquet, certains occupaient des rôles d’«organisateurs», d’autres de «guides» chargés de mener des migrants jusqu’aux zones d’embarquement et de mettre à l’eau des bateaux, d’autres encore de «conducteurs de taxi-boats», ou des fonctions de rabatteurs et de chauffeurs chargés de transporter les passeurs sur le littoral.
Le terme «taxi-boat» fait référence à un mode opératoire qui s’est développé depuis 2023, consistant à mettre à l’eau des embarcations à l’abri des regards - notamment depuis des cours d’eau à l’intérieur des terres - pour échapper à la surveillance des forces de l’ordre près des principales plages de départ. Ces canots pneumatiques s’approchent ensuite par la mer des plages où les attendent les migrants, qui embarquent directement dans l’eau, dans des conditions souvent chaotiques, avant de poursuivre leur route vers l’Angleterre.
En 2025, au moins 29 migrants sont morts en mer en tentant de rejoindre l’Angleterre, selon un comptage AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.




