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Apartheid

Trente ans après l’assassinat de la militante sud-africaine Dulcie September à Paris, l’enquête relancée ?

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En 1992, un non-lieu polémique avait été prononcé concernant le meurtre de la militante emblématique de l’ANC. Sa famille espère ce mercredi la réouverture du dossier en plaidant la reconnaissance de ce meurtre comme crime d’apartheid, donc imprescriptible.

Lors des obsèques de Dulcie September, en mars 1988. (Alain Nogues/Sygma. Getty Images)
Publié le 14/12/2022 à 6h46

Mais qui a fait couler «le sang de l’apartheid», comme titrait Libération le 30 mars 1988 au lendemain de l’assassinat de Dulcie September. Quelques heures plus tôt, cette militante anti-apartheid sud-africaine, métisse de 52 ans, était abattue de six balles, dont quatre en pleine tête, devant la porte de son bureau du Xe arrondissement de Paris. Depuis, il y a eu non-lieu, il y a eu soupçons. Aujourd’hui, il reste toujours autant de questions : qui a tué Dulcie September ? Et pour quelles raisons ?

Ce mercredi, trente-quatre ans après les faits, la justice française a l’occasion de relancer une enquête considérée par beaucoup comme bâclée. L’Etat a été assigné pour «faute lourde» par la famille de l’ex-représentante du Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela, dont le meurtre n’a jamais été élucidé. «Qui a peur de Dulcie September», s’est interrogé l’avocat des neveux de la militante, Me Yves Laurin, lors de l’audience en novembre, dénonçant une «affaire d’Etat» et «trente-quatre ans de déni de justice». Il espère la réouverture du dossier en plaidant la reconnaissance de ce meurtre comme crime d’apartheid, donc imprescriptible.

Née en 1935 dans un township du Cap, la région où vivait alors la majorité des 2,5 millions de métis d’Afrique du Sud, Dulcie September suit une formation d’institutrice. Elle ne sera professeure que quelques mois, s’indignant de devoir dispenser un enseignement au rabais car ses élèves ne sont pas bl

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