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Trois femmes radicalisées mises en examen pour des projets d’attentats islamistes à Paris

Des habitantes du Rhône et du Cher sont suspectées d’avoir discuté en ligne de projets d’actions violentes, évoquant des armes à feu et une ceinture explosive, et mentionnant des cibles à Paris, d’après «le Parisien».

Le Pnat a ouvert le 10 octobre une information judiciaire pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d’atteinte aux personnes». (Benoit Tessier/REUTERS)
Publié le 08/11/2025 à 13h06, mis à jour le 08/11/2025 à 15h37

Trois jeunes femmes ont été mises en examen et écrouées à la mi-octobre à Paris, suspectées d’avoir préparé un projet d’attentat jihadiste, a indiqué ce samedi le Parquet national antiterroriste (Pnat) à Libération, confirmant une information de plusieurs médias.

Le Pnat précise avoir ouvert, le 10 octobre, une information judiciaire pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d’atteinte aux personnes». Les trois jeunes femmes radicalisées, B., 19 ans, K., 21 ans et A., 18 ans, ont été mises en examen «et placées en détention provisoire», ajoute ce parquet spécialisé.

Une source proche du dossier a par ailleurs confirmé à l’AFP qu’«un projet a été déjoué à l’automne», soit le «premier projet d’action violente avec une femme depuis plusieurs années».

Une salle de spectacle et un bar comme cibles potentielles

D’après les informations du Parisien, les trois jeunes femmes se revendiquent comme salafistes. Le média cite les comptes rendus de surveillance de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon lesquels elles ne quittent jamais de leur domicile respectif sans un niqab qui leur couvre intégralement le visage, et consacrent l’essentiel de leur temps à visionner sur Snapchat, TiKTok et Telegram des contenus de propagande jihadiste.

Le Parisien affirme que l’une d’entre elles, B., supposée meneuse du groupe, aurait publié des contenus pro-jihad sur un compte TikTok aux 20 000 abonnés, et conversé sur des groupes Telegram surveillés par la DGSI rassemblant des soutiens de l’Etat Islamique. Le Parisien affirme également qu’elle était visée par une enquête préliminaire du Pnat depuis le mois de juillet.

Les trois sont suspectées d’avoir discuté en ligne de projets d’actions violentes, évoquant des armes à feu et une ceinture explosive, et mentionnant comme potentielle cibles une salle de spectacle ou un bar de Paris, sans avoir encore d’objectif précis, d’après le quotidien.

Le journal affirme que B. et une autre femme ont été interpellées dans le Rhône, et une troisième dans le Cher, toutes les interpellations ayant été déclenchées notamment après des rencontres physiques à Lyon. Le Parisien rapporte qu’une perquisition a eu lieu au domicile de B., où les enquêteurs auraient découvert un carnet listant tous les détails du projet terroriste des trois jeunes femmes.

Sollicités, les avocats des trois femmes ont décliné tout commentaire. L’un d’entre eux a toutefois fortement tempéré l’acuité de la menace représentée par ces femmes.

Dans un entretien à l’AFP diffusé ce samedi, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, affirme que la menace jihadiste est «la plus importante à la fois dans son volume et dans le niveau de préparation des passages à l’acte» et «s’accroît» depuis trois ans.

Mise à jour à 15 h 20 avec davantage d’informations.

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