Le narcotrafic fait encore des ravages. Le collège Champollion de Dijon, touché dans la nuit de vendredi à ce samedi 13 décembre par un incendie vraisemblablement criminel, sera fermé pour «plusieurs mois» de travaux, a estimé le président du conseil départemental, François Sauvadet, lors d’une conférence de presse.
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Le préfet de Côte-d’Or, Paul Mourier, a de son côté fait part de sa «conviction très claire» d’un «lien entre le narcotrafic qui gangrène ce quartier […] et cet incendie», évoquant des «représailles par rapport à l’action de l’Etat» qui lutte contre le trafic de drogue. «Il appartient à la justice de le déterminer», a-t-il enchaîné. Une enquête pour «dégradations volontaires par incendie» a été ouverte par le parquet de Dijon.
«Commando de quatre personnes»
L’incendie s’est déclenché vers 1 heure du matin, selon le procureur Olivier Caracotch, touchant l’établissement, situé dans le quartier classé prioritaire des Grésilles. C’est la présence de «plusieurs départs de feu concomitants» et de produits inflammables retrouvés sur place qui a conduit les enquêteurs à juger «très vraisemblable» l’origine volontaire de l’incendie. Selon le récit du préfet, «c’est un commando de quatre personnes qui, aux alentours d’une heure du matin, a envahi une partie des bâtiments». Il a décrit une «action préparée» et une «volonté déterminée de détruire le plus possible».
Le rez-de-chaussée a été particulièrement touché et la fumée s’est propagée dans les étages. Les installations électriques, qui avaient fait l’objet de travaux récents, ont été atteintes, rendant impossible l’accueil des collégiens dans d’autres bâtiments intacts de l’établissement, qui accueille 490 élèves en temps normal. Début mars, dans le même quartier, la médiathèque avait été touchée par un incendie criminel.
«Nous sommes tous bouleversés», a commenté la principale du collège Catherine Cloâtre, soulignant la «mobilisation» pour trouver une solution à l’accueil des collégiens. Le département a recensé les places disponibles dans d’autres établissements. La section dijonnaise du syndicat SNPDEN-Unsa des chefs d’établissements a dénoncé «une nouvelle attaque grave contre l’éducation nationale» dans le quartier des Grésilles et réclamé «tous les moyens efficaces» pour préserver les établissements.
«Indignation et colère»
«Je condamne fermement cet acte inqualifiable et souhaite que les auteurs soient sanctionnés lourdement», avait réagi dans un premier temps François Sauvadet sur le réseau social X. L’évaluation des dégâts et des travaux à mener afin de rouvrir le collège est en cours, précise-t-il.
Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, a promis «la plus grande fermeté» contre les auteurs. «Porter atteinte à un établissement scolaire, c’est vouloir détruire ce qui permet à chacun de se construire : c’est s’attaquer à l’avenir de nos enfants et au cœur de notre pacte républicain», a déploré le ministre dans une publication sur X, apportant son soutien à la communauté éducative et indiquant qu’il se rendrait sur place lundi.
«On éprouve tous le même sentiment d’indignation et de colère», a déclaré François Sauvadet, lors de la conférence de presse, au côté de la maire de Dijon et de la rectrice d’académie. «Il va y avoir plusieurs mois de travaux, vu l’ampleur des dégâts», a-t-il expliqué, avec pour objectif d’être «prêts pour la rentrée de l’année prochaine».
Cellules d’écoute et cours à distance
Les autorités ont précisé ce dimanche les premières modalités d’accueil des 490 élèves du collège Champollion à Dijon, qui ne peuvent regagner leur établissement fermé pour le moment. «Les journées de lundi, mardi et mercredi seront consacrées à l’écoute et à la prise en charge psychologique des élèves et des membres de la communauté éducative du collège», ont indiqué la préfecture de Côte-d’Or, le conseil départemental, le rectorat et la ville de Dijon dans un communiqué commun.
A ce titre, deux cellules d’écoute sont mises en place pour accueillir les élèves à partir de 9 heures lundi. Les cours reprendront ensuite à distance jeudi et vendredi, avant que les élèves ne soient libérés pour les vacances de fin d’année. A partir de mardi, un «accueil minimum» sur un autre site sera organisé pour les élèves de 6e et 5e qui ne peuvent pas rester chez eux. Les parents seront informés via l’application Pronote.
Pour ce qui est de l’organisation à partir de janvier, elle doit encore être déterminée «dans les prochains jours, les pouvoirs publics mettant tout en œuvre pour assurer la continuité éducative dans les meilleures conditions jusqu’à la fin de l’année scolaire».




