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Procès

Un homme jugé à Aix pour avoir acheté une poupée «pédopornographique» sur un site chinois

C’est le premier procès visant un acheteur depuis la découverte que des objets sexuels illégaux étaient en vente sur des plateformes chinoises. Il avait passé commande sur Hydoll.fr, un site appartenant à une compagnie hongkongaise.

Capture d'écran illustrant la facilité avec laquelle des poupées sexuelles a l'apparence de jeunes personnes peuvent être achetées sur des plateformes de vente en ligne. (Roland Macri/Hans Lucas. AFP)
Publié le 02/01/2026 à 8h11

Un homme de 56 ans doit comparaître vendredi après-midi à Aix-en-Provence pour avoir commandé une poupée sexuelle à l’apparence enfantine. C’est le premier procès de ce type déclenché par la découverte de la vente illégale de poupées sur de nombreux sites chinois, dont Shein. D’autres procès sont prévus courant 2026.

Il y a deux mois, des employés d’une société de livraison alertaient la gendarmerie de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) «après la découverte, dans un colis en provenance de Chine, d’une poupée à caractère pédopornographique», avait alors indiqué le parquet d’Aix-en-Provence. Interpellé et placé en garde à vue, le destinataire du colis, un homme déjà condamné pour agression sexuelle, avait reconnu avoir commandé cette poupée à des fins sexuelles, selon le parquet, qui avait requis son placement sous contrôle judiciaire.

«Une poupée sexuelle représentant une enfant, commandée par un homme de 56 ans déjà condamné pour des faits de mœurs, c’est la démonstration que ces objets nourrissent les pulsions pédocriminelles», avait alors dénoncé la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, dans une déclaration à l’AFP.

Ces poupées tombent sous le coup de délit de «diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique», passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le prévenu avait passé commande sur Hydoll.fr selon le parquet, un site spécialisé dans la vente de poupées sexuelles appartenant à une compagnie hongkongaise. Librement accessible en France, il propose toujours à la vente de nombreuses références à l’effigie d’enfants, a constaté l’AFP mercredi.

Deux ans de prison ferme et obligation de soins

Cette première interpellation dans les Bouches-du-Rhône était survenue en pleine polémique autour de la commercialisation de poupées sexuelles à l’apparence enfantine par des plateformes chinoises. Une vingtaine de personnes soupçonnées d’avoir acheté en ligne ces poupées sexuelles sur les plateformes Shein et AliExpress ont ensuite été interpellées lors d’un coup de filet mi-décembre. Parmi eux, un homme de 41 ans a été condamné en comparution immédiate à Tarbes, le 15 décembre à deux ans de prison ferme et une obligation de soins.

Les chefs d’accusations comprenaient l’acquisition et la détention d’objets pédopornographiques, mais il a aussi été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure de 8 ans, des faits reconnus en garde à vue après avoir d’abord nié en 2022 dans une affaire classée sans suite à l’époque. Contactée par l’AFP, l’avocate des parents de la victime n’était pas en mesure d’indiquer si le prévenu avait interjeté appel. Son avocate et le parquet de Tarbes n’étaient eux pas joignables mardi.

En 2023 déjà, un homme avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et une obligation de soins après avoir acheté une poupée de même type sur Amazon.

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