Mickaël Ettori, présenté comme un pilier du grand banditisme corse, membre de la bande criminelle du Petit Bar, a été arrêté samedi 13 décembre matin à Olmeto Plage (Corse-du-Sud) par le GIGN après cinq ans de cavale, a annoncé le parquet d’Ajaccio. L’homme de 52 ans, condamné ce jeudi en son absence à 15 ans de prison dans l’affaire de l’assassinat de l’avocat Antoine Sollacaro, est actuellement en garde à vue après «une interpellation sans résistance», a précisé le procureur d’Ajaccio Nicolas Septe, confirmant une information initiale de Corse Matin.
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Lors de son interpellation à 6 heures du matin, qui s’inscrivait dans le cadre d’une commission rogatoire émanant d’un juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, le GIGN l’a arrêté non armé. Les gendarmes ont également retrouvé à son domicile une dizaine de téléphones portables ainsi que près de 5 000 euros en espèces, selon une source judiciaire citée par Corse Matin. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a présenté sur X ses «félicitations aux gendarmes du GIGN et de la section de recherches Corse» pour cette interpellation.
Proche lieutenant du patron suspecté de la bande du Petit Bar
Le locataire de Beauvau peut sourire : Mickaël Ettori était en cavale depuis le 28 septembre 2020, lorsqu’il avait échappé à son arrestation à Ajaccio, tout comme Pascal Porri et André Bacchiolelli, autres membres présumés de la bande criminelle du Petit Bar. L’homme faisait donc l’objet de recherches après avoir été lourdement condamné à deux reprises cette année.
Considéré par les enquêteurs comme «proche lieutenant» de Jacques Santoni, suspecté d’être à la tête de cette bande criminelle corse - accusée entre autres de trafic de drogue, racket, extorsions, ayant permis un train de vie démesuré sur fond de rivière de cash planquée -, Mickaël Ettori a été condamné pas plus tard que ce jeudi à 15 ans de réclusion criminelle en son absence, pour association de malfaiteurs en récidive par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Il a été reconnu coupable d’avoir participé à des actes préparatoires dans le cadre de l’assassinat de l’avocat Antoine Sollacaro à Ajaccio, en 2012, mais aussi de la tentative d’assassinat contre Charles Cervoni la même année.
30 ans de prison pour l’homme qui a tiré sur Sollacaro
Dans l’affaire Sollacaro, il est reproché à la bande du Petit Bar d’avoir abattu l’ancien défenseur d’Yvan Colonna dans une station-service d’Ajaccio. Le tout commis par deux assaillants à moto lui ayant tiré cinq balles dans la tête alors qu’il venait d’acheter son journal comme tous les matins.
André Bacchiolelli, considéré comme le tireur qui a abattu l’ancien bâtonnier du barreau d’Ajaccio, a lui été condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle sur la base, en partie, des déclarations d’un repenti, Patrick Giovannoni. Celui-ci a été condamné à cinq ans de prison avec sursis dans le cadre de la tentative d’assassinat contre Charles Cervoni. Les avocats d’André Bacchiolelli ont annoncé leur intention de faire appel.
Ettori déjà condamné dans l’affaire des finances du Petit Bar
Le 28 mai 2025, Mickaël Ettori avait également été condamné à une peine de 12 ans par le tribunal correctionnel de Marseille dans le dossier dit des finances du Petit Bar, un tentaculaire dossier de blanchiment des fonds occultes de cette bande criminelle. Représentant la chute d’une des plus grandes bandes criminelles corses, le procès avait eu un important retentissement.
Mickaël Ettori y avait également écopé d’une amende de 1,5 million d’euros et d’une interdiction de gérer une société. Son patron, surnommé le «parrainplégique» – il n’a plus l’usage de ses jambes depuis un accident de moto en 2003 et n’est donc pas incarcéré –, avait lui été condamné à treize ans de prison avec mandat d’arrêt, 1,5 million d’euros d’amende, une interdiction définitive de gérer une entreprise et une inéligibilité de cinq ans.
Ce procès-fleuve avait représenté l’aboutissement d’une titanesque enquête de six ans sur l’organisation née au début des années 2000 dans un bar du cours Napoléon d’Ajaccio. Pendant deux décennies la bande criminelle avait semé la terreur en Corse-du-Sud, trempant dans les plus obscures affaires judiciaires de l’île. Le tout avait permis au gang du Petit Bar de brasser plusieurs dizaines de millions d’euros blanchis via des montages opaques au Luxembourg, en Chine, à Hongkong ou à Singapour. Des destinations exotiques qui vont désormais sembler bien lointaines depuis la cellule de Mickaël Ettori.




