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Une femme retrouvée morte à son domicile à Brest, son conjoint mis en examen et placé en détention provisoire

L’homme était alcoolisé au moment de son interpellation, dimanche. Déjà connu pour violences conjugales, il est en état de récidive légale et encourt la réclusion à perpétuité.

Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal. (Nicolas Messyasz/Hans Lucas)
Publié le 05/01/2026 à 11h22, mis à jour le 07/01/2026 à 10h43

Il s’agit peut-être du premier féminicide de l’année, après un décompte record en 2025. Une femme a été retrouvée morte dimanche 4 janvier au matin à son domicile à Brest. Son compagnon, placé en garde à vue dans la foulée, a été mis en examen et écroué mardi 6 janvier, a annoncé le parquet de la ville.

Dimanche, l’homme avait contacté la police, expliquant qu’il avait trouvé sa compagne morte à son domicile, cette dernière présentant des traces de blessures. La police a également constaté des signes de violences dans l’appartement et a interpellé le compagnon, âgé d’une cinquantaine d’années, qui était alcoolisé et déjà connu des services de police pour des violences conjugales sur la victime.

Pas «d’intention d’homicide» à ce stade

«En garde à vue et après dégrisement, le mis en cause affirmait d’abord ne pas avoir commis de violences sur sa compagne» et soulignait avoir prévenu les secours dès qu’il avait découvert le corps, a expliqué le procureur de la République Stéphane Kellenberger. L’homme a ensuite déclaré n’avoir aucun souvenir de faits de violences.

Des versions toutefois «largement» contredites par l’enquête confiée au commissariat de police, sans pour autant que des éléments «ne permettent de caractériser une intention homicide», a ajouté le procureur. Le suspect a ainsi été mis en examen mardi pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» par conjoint et en récidive légale. S’il est reconnu coupable, le suspect récidiviste encourt la réclusion à perpétuité.

164 féminicides en 2025

Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou de tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) publiées en novembre.

En 2025, l’Inter Orga Féminicides (IOF), réunissant notamment les associations Act Up Paris et Nous Toutes, a décompté 164 féminicides en France, le plus haut total depuis le début du comptage par les organisations féministes.

Le dernier en date était celui d’Isabelle A., 44 ans, dont le corps a été retrouvé enterré dans le jardin de son ex-conjoint dans les Landes. Elle faisait l’objet d’une procédure de disparition inquiétante ou suspecte depuis le matin du 25 décembre.

L’IOF décompte les féminicides selon une «définition large», qui comprend deux éléments clés : «le meurtre d’une femme en raison de son genre» et «le rôle du patriarcat comme système de pouvoir et de domination dans la perpétuation et la banalisation de ce meurtre et des violences sexistes et sexuelles en général».

Mise à jour ce mercredi 7 janvier à 10 h 43, avec les ajouts de la mise en examen du suspect, son placement en détention provisoire et les déclarations du procureur.

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