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Enquête

Violences conjugales : un bracelet antirapprochement pour «retrouver une vie normale»

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Mis en place fin 2020, le dispositif permet de géolocaliser une personne à protéger et un auteur de violences conjugales. Si elle s’est encore peu démocratisée, cette surveillance électronique vient combler la période délicate entre le moment où les faits sont signalés et celui où la justice se prononce.

«Emma», victime de violences conjugales, séparée de son compagnon qui porte le bracelet pour garantir son éloignement. (Thierry LAPORTE/pour Libération)
Publié le 09/02/2021 à 21h15

Après sept ans de violences, elle s’était décidée à partir le jour où son conjoint l’avait frappée devant ses enfants. Plus la sortie de prison de son ex-compagnon approchait, plus la peur l’envahissait à nouveau. «Mais grâce au bracelet électronique antirapprochement, j’ai retrouvé une vie normale et sereine. Je suis moins stressée, moins angoissée : se sentir en sécurité change tout.» Depuis qu’Emma (1) a été équipée du dispositif, le 17 décembre, un petit boîtier GPS ne quitte jamais son sac. Un bracelet antirapprochement a été placé à la cheville de son ex-conjoint dès le lendemain. Un cran de protection au-dessus du téléphone grave danger (TGD) dont elle disposait déjà. Géolocalisé en permanence, il ne peut pas s’approcher à moins de six kilomètres d’elle – la zone de pré-alerte –, sous peine d’être rappelé à l’ordre par le téléopérateur. S’il franchit la limite des trois kilomètres, une alerte est envoyée à Emma et la police intervient pour la mettre en sécurité et interpeller l’ancien compagnon.

«Il aurait été capable de se cacher dans une rue, de me tendre un guet-apens. Une fois qu’il est face à moi c’est trop tard pour déclencher le TGD, confie-t-elle à Libération. Avec le bracelet, je suis sûre qu’il ne peut pas s’approcher de moi et de mes enfants ou alors que j’aurai le temps de m’enfermer chez moi.» Pour l’i

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