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Justice

Violences dans un TGV : ce que l’on sait de la femme suspectée d’avoir frappé et étranglé son enfant de 6 ans

Le procureur de la République de Meaux (Seine-et-Marne) a annoncé ce lundi 8 décembre que la quadragénaire, arrêtée deux jours plus tôt après le signalement de plusieurs passagers, devra effectuer un «stage de responsabilité parentale, à ses frais».

Les usagers de la SNCF et de la RATP peuvent alerter, lorsqu'ils sont témoins de violences, en contactant le 3117 ou en envoyant un SMS au 31 117. (Maylis Rolland/Hans Lucas. AFP)
Publié le 08/12/2025 à 10h50, mis à jour le 08/12/2025 à 17h01

La mère interpellée pour avoir violenté son fils de six ans dans un TGV devra effectuer «à ses frais, un stage de responsabilité parentale» tandis que son fils fait l’objet d’une «ordonnance de placement provisoire», a annoncé lundi le procureur de de Meaux, à l’issue de la garde à vue de la mère de famille.

Cette femme âgée 42 ans avait été arrêtée dans un train samedi 6 décembre en fin d’après-midi et placée en garde à vue grâce au signalement de plusieurs voyageurs présents dans le wagon. Elle était suspectée d’avoir violenté son fils de 6 ans. Libé fait le point sur ce que l’on sait de cette affaire qui a fait réagir jusqu’à la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry.

Un accès de violence pour un soda renversé

Samedi 6 décembre en fin de journée, des passagers d’un TGV circulant entre Lille et Nîmes voient une femme s’en prendre violemment à un garçon de 6 ans. «Selon les témoignages recueillis, la mise en cause aurait saisi son fils […] par les cheveux pour le remonter sur son siège, avant de lui claquer la tête contre la tablette à trois reprises au motif que le garçon avait malencontreusement renversé le contenu d’une canette de soda sur une passagère», rapporte le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, dans un communiqué. «Elle lui aurait ensuite tiré les cheveux» et l’aurait «étranglé», rapporte de son côté le Parisien, qui a révélé l’affaire.

En gare de Marne-la-Vallée (qui dessert Disneyland Paris), cette femme, âgée de 42 ans, qui se présente comme la mère de l’enfant, est interpellée par des agents de la sûreté ferroviaire de la SNCF et transportée au commissariat de Chessy-Lagny-sur-Marne. Elle est placée en garde à vue lundi matin. L’enfant, «orphelin de père», est confié à l’Aide sociale à l’enfance «dans le cadre d’un accueil dit de 72 heures», selon le procureur.

Si la quadragénaire, domiciliée à Nîmes, a pu être interpellée, c’est grâce au signalement de passagers du train. Plusieurs d’entre eux ont ainsi composé le 3117 ou envoyé un SMS au 31 117, explique le Parisien. Ces deux numéros permettent d’alerter la SNCF et la RATP de situations de violences dans les transports. «A bord d’un TGV, des passagers ont refusé de détourner le regard. Grâce à leur alerte, un enfant victime de violences a pu être mis à l’abri, actuellement confié à l’Aide sociale à l’enfance. Un réflexe protecteur à avoir !!» a réagi sur X Sarah El Haïry, la haute-commissaire à l’Enfance et ancienne ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles. On ne sait pas en revanche si ces passagers ont essayé de s’interposer.

Quelles conséquences pour la femme ?

Si la mère, «dépourvue de tout antécédent judiciaire», a reconnu en garde à vue «avoir administré une claque derrière la tête» et «empoigné» son fils, les investigations n’ont pas pu confirmer «de manière certaine les violences les plus graves et notamment le fait que la mise en cause aurait volontairement cogné ou claqué la tête de l’enfant contre une tablette», a précisé lundi dans un communiqué le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier.

A l’issue de la garde à vue de la mère, le parquet de Meaux lui a ainsi «notifié une mesure de classement sous condition d’accomplir, à ses frais, un stage de responsabilité parentale» et une «ordonnance de placement provisoire» a été délivrée concernant l’enfant. Celui-ci, «orphelin de père», avait dans un premier temps été confié à l’Aide sociale à l’enfance, «dans le cadre d’un accueil dit “de 72 heures”». Le parquet de Meaux s’est ensuite dessaisi au profit du parquet de Nîmes, où est domiciliée la famille.

Selon l’avocate commise d’office qui a accompagné la mère de l’enfant, Sophia Rizk, elle «apparaissait très affectée» et «regrette énormément». Auprès de l’AFP, elle décrit une femme «très isolée», dans une «détresse sociale et psychologique» et qui était «épuisée» à l’issue d’un voyage et d’un week-end très éprouvant pour elle et son fils. Elle estime par ailleurs que la presse a quelque peu «grossi» les faits reprochés à la mère.

Mise à jour à 15 h 40 avec les déclarations de l’avocate commise d’office ; à 16 h 50 avec la notification du parquet de Meaux

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