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Tirs illégaux des gendarmes à Sainte-Soline : dans leurs auditions face à l’IGGN, les hauts gradés n’ont pas vu le problème

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En contradiction avec les images de tirs tendus révélées par «Libération» et «Mediapart», les plus hauts gradés de la gendarmerie ont affirmé n’avoir rien constaté de répréhensible au cours de l’enquête menée par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale sur l’opération de maintien de l’ordre autour de la mégabassine des Deux-Sèvres, le 25 mars 2023.

A Sainte-Soline, le 25 mars 2023. (Christophe Noisette/Hans Lucas)
Publié le 30/11/2025 à 12h00

Au fil des nombreuses auditions du commandement des gendarmes engagés à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, se dégage une constante : ils n’ont rien vu, rien entendu des violences illégales commises par leurs subordonnés. Les enquêteurs de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), qui ont fait le choix d’entendre l’ensemble des militaires comme simples témoins, et non comme suspects, sont d’ailleurs très peu curieux à ce sujet. Plusieurs hauts gradés ne sont tout simplement pas interrogés sur l’existence de tirs illégaux, lors d’auditions réalisées de juillet 2023 à février 2024, que révèlent Libération et Mediapart.

Les vidéos issues des caméras des gendarmes indiquent pourtant que de nombreux tirs tendus de grenades lacrymogènes, strictement interdits car potentiellement mortels, ont été réalisés par les militaires. Ces mêmes images montrent également des ordres, de la part de la hiérarchie directe, de procéder à de tels tirs. A l’inverse, la haute hiérarchie est plus diserte quand il s’agit de décrire la violence des «adversaires», terme utilisé pour décrire les manifestants.

«L’intensité a été adaptée à la violence»

Pour décrire l’état d’esprit des gendarmes en amont de l’opération, le général Christophe Daniel, le plus haut placé dans le pilotage de l’opération de maintien de l’ordre à Sainte-Soline, dit que des renseignements aff

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