La justice française n’en a pas fini avec la mort de Jean Pormanove. Au lendemain de leur placement en garde à vue, les streamers Naruto et Safine, comparses de l’ancien militaire mort en août 2025 après douze jours de direct le montrant violenté et humilié en direct, ont appris la date de leur jugement. Ce sera en juillet 2026, a annoncé le parquet de Nice mercredi 28 janvier. Ils seront jugés notamment pour «violences en réunion» et «diffusion d’enregistrement d’images de violences», a annoncé mercredi le parquet de Nice, après la diffusion en ligne de vidéos comportant «plusieurs scènes de violences», impliquant notamment des mineurs.
Naruto et Safine placés en garde à vue
Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi ont été convoqués par la police judiciaire de Nice pour les chefs notamment de violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences, a indiqué le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.
«Ces mesures constituent des reprises de garde à vue dans le cadre de l’enquête préliminaire initiée en décembre 2024», précise un communiqué du magistrat.
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La justice avait alors ouvert une enquête après la mise en lumière de vidéos montrant Raphaël Graven, connu sous le pseudo Jean Pormanove, se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball lors de live sur sa chaîne suivie par près de 200 000 personnes. On y voyait également «Coudoux», un homme handicapé sous curatelle, être régulièrement frappé, des «concepts» de jeux portant atteinte au handicap et des tirs de paintball sur des adolescents. De quoi élargir les chefs d’accusation aux violences sur mineurs de 15 ans et à l’abus de faiblesse.
Les trois streamers avaient été placés en garde à vue en janvier 2025 puis relâchés sans charges, assurant qu’il s’agissait de «mises en scène visant à faire le buzz pour gagner de l’argent», selon le procureur de Nice. Le 18 août 2025, Raphaël Graven, âgé de 46 ans, est décédé pendant une diffusion en direct sur Kick, après plus de 12 jours de direct le montrant, ainsi que Coudoux, violenté et humilié par Owen Cenazandotti, 26 ans, et Safine Hamadi, 23 ans. L’autopsie a cependant conclu que le décès n’était pas dû à l’intervention d’un tiers.
Les gérants de Kick dans le viseur
Après le placement en garde à vue des deux vingtenaires, le parquet de Paris avait annoncé ce mardi 27 janvier l’ouverture d’une information judicaire à l’encontre des gérants de la plateforme de streaming Kick. Convoqués, ils ne se sont pas présentés, a fait savoir le parquet. Dans la foulée, deux mandats d’arrêt à leur encontre ont été émis. D’après une source proche du dossier, les gérants de Kick seraient actuellement en Australie. Leurs auditions devaient permettre de «recueillir les observations sur les faits reprochés» ainsi que «sur les mesures de mise en conformité que la société Kick était susceptible d’avoir prises depuis le décès de Jean Pormanove», estime le parquet de Paris.
Désormais confiée à un juge d’instruction, l’enquête parisienne contre la plateforme doit «approfondir l’analyse des différents montages et schémas financiers de la société» qui demeurent encore «opaques à ce stade». L’information judiciaire s’intéresse aussi aux échanges entre les gérants de Kick et la victime, Raphaël Graven de son vrai nom. L’objectif : «clarifier les liens économiques» entre «le vidéaste décédé et la plateforme». En cause, selon le parquet «des flux financiers suspects identifiés» par les enquêteurs, «permettant de suspecter un financement direct de cette chaîne par la société Kick et ses dirigeants».




