Un mort à Marseille, des véhicules incendiés un peu partout en France, mais des débordements globalement contenus. La nuit de la Saint-Sylvestre a été marquée, comme à l’accoutumée, par plusieurs incidents dans le pays. Le plus marquant, c’est sans doute ce meurtre à l’arme blanche commis dans les rues de Marseille, peu après 21 heures, mercredi soir. Un homme d’une trentaine d’années a été attaqué à l’arme blanche rue Longue-des-Capucins, entre les quartiers de Belsunce et Noailles, par plusieurs agresseurs qui ont pris la fuite. Découverte inconsciente par les marins-pompiers, la victime a été transportée en urgence à l’hôpital de la Timone, où il a succombé à ses blessures. Le quotidien local la Provence note que hormis ce fait, «les violences urbaines toujours redoutées le soir de la Saint-Sylvestre, n’avaient pas émaillé la soirée du réveillon dans la cité phocéenne».
En tout, «505 personnes ont été interpellées» et «403 placées en garde à vue» sur tout le territoire, a annoncé le ministère de l’Intérieur. A Paris, 125 personnes – dont une seule femme – ont été placées en garde à vue après avoir été interpellées en marge des festivités du nouvel an, soit un peu plus que l’année dernière où elles étaient 104, a indiqué le parquet ce jeudi 1er janvier. Le ministère public a précisé n’avoir été avisé d’aucun incendie de véhicule ni mobilier urbain dans la capitale. 33 des personnes appréhendées l’ont été pour violences volontaires, 15 pour participation à groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, 10 pour détention de produits psychotropes (notamment détention de bombonnes de protoxyde d’azote) et 8 pour usage de stupéfiants.
Un feu allumé place Sainte-Anne à Rennes
A Rennes, la police est intervenue dans la nuit de mercredi à ce jeudi pour «faire cesser un attroupement d’une centaine d’individus ayant allumé un feu» place Sainte-Anne, dans le centre historique de la capitale bretonne, indique la préfecture d’Ille-et-Vilaine. A l’arrivée des forces de l’ordre, les individus ont lancé «de nombreux projectiles et tir[é] des mortiers d’artifice sur les policiers», assure la même source, ajoutant que «la police a fait usage de gaz lacrymogène» et qu’un policier avait été légèrement blessé au bras au cours de l’intervention. Les incidents «ont été brefs et l’intervention de la police n’a duré que quelques dizaines de minutes», a déclaré le préfet, Franck Robine.
Dans le reste du pays, des véhicules ont été incendiés, plus de 1 000 dans toute la France. Les Dernières Nouvelles d’Alsace rapportent qu’une centaine de voitures ont brûlé dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’agglomération strasbourgeoise. Le Parisien détaille les incidents en Ile-de-France : des véhicules brûlés par dizaines dans l’Essonne ou le Val-d’Oise, des tirs de mortiers d’artifice en plusieurs points de la région et un adolescent de 12 ans retrouvés avec trois doigts en moins à Chelles (Seine-et-Marne) après avoir manipulé des engins pyrotechniques.
Environ 90 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour cette soirée en France, dont 10 000 pour Paris et la petite couronne. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait assuré mercredi qu’«aucun débordement» ne serait toléré pendant ce réveillon, promettant des «interpellations systématiques» en cas de troubles. Mardi, dans une circulaire adressée aux procureurs généraux et aux procureurs de la République, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réclamé pour sa part «la plus grande fermeté», demandant aux parquets «de requérir de la prison ferme» en cas de violences contre les forces de l’ordre ainsi que «contre les femmes et les enfants». L’année dernière, dans toute la France, il y avait eu 984 véhicules incendiés, 420 interpellations et 310 gardes à vue.




