Six et huit mois après les premières interpellations, une nouvelle vague d’arrestations a eu lieu cette semaine dans le cadre d’une enquête pour viols dans le milieu libertin bordelais, a annoncé vendredi 6 décembre le parquet de Bordeaux. Une information initialement dévoilée par le Parisien, qui porte à quatorze le nombre de personnes mises en cause dans ce dossier.
Ces six individus ont été interpellés mardi matin par les gendarmes de la section de recherches de Bordeaux et ont été mis en examen à l’issue de 48 heures de garde à vue pour «viols» et «actes de torture».
Possible recours à la soumission chimique
Ils ont été interpellés après avoir été identifiés dans certaines des dizaines de vidéos retrouvées au domicile d’un quinquagénaire, travaillant dans la maintenance et accusé d’avoir organisé, pendant près d’une décennie au moins, des viols sur ses différentes compagnes. Des agressions filmées et parfois diffusées en direct.
L’exploitation des images a permis aux enquêteurs de caractériser l’absence de consentement des femmes, le parquet soulignant dès les premières semaines de l’enquête avoir relevé «des hurlements de douleur» lors du visionnage des vidéos.
Outre l’identification de certains participants, les vidéos ont permis de localiser des lieux de tournage : au domicile du principal mis en cause, dans des clubs libertins de la métropole bordelaise, sur la voie publique à Bordeaux mais aussi dans l’Hérault et le Gard. Des perquisitions ont eu lieu, révèle le Parisien, permettant la saisie de cannabis et d’anxiolytiques, laissant entrevoir le possible recours à la soumission chimique pour commettre ces viols.
Au mois de mai, une première vague d’interpellations avait conduit à la mise en examen et le placement en détention provisoire de quatre hommes, âgés de 40 à 57 ans, pour des viols avec actes de torture et de barbarie commis entre 2011 et 2024 - l’un d’eux étant aussi poursuivi pour complicité. Quatre autres hommes soupçonnés d’avoir pris part à ces viols ont été à leur tour mis en cause et écroués en juin dernier, selon le parquet et une source proche du dossier.
«Stratégie d’emprise»
Six femmes victimes de ces viols filmés ont été recensées à ce stade de la procédure, dont deux ont porté plainte, selon ces mêmes sources. En 2023, l’une des victimes avait déposé plainte contre son ex-conjoint, né en 1969, dénonçant «des viols collectifs commis par son compagnon et des hommes qu’il invitait», avait indiqué le parquet au printemps. Quatre autres compagnes successives de cet homme, entendues ensuite par les enquêteurs, avaient déclaré avoir subi la même chose. Au printemps, le parquet avait «décrit une stratégie d’emprise, adoptée par son compagnon, qui lui avait permis de lui imposer plusieurs viols collectifs, filmés».
Selon le Parisien, l’exploitation des vidéos n’est pas achevée - il en resterait une centaine - et l’enquête a permis d’identifier trente participants aux soirées. Les gendarmes, en charge du dossier, s’intéressent également au site de rencontres Wyylde, où le principal mis en cause publiait ces petites annonces.




