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A la barre

Gisèle Pelicot au procès des viols de Mazan : «Il est grand temps que la société patriarcale et machiste change»

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Alors que vont débuter les plaidoiries des parties civiles, Gisèle Pelicot a pris la parole pour la dernière fois, s’indignant notamment de certains propos des avocats de la défense. Son ex-mari s’est également longuement exprimé.

Gisèle Pelicot à son arrivée au palais de justice d'Avignon. (Corinne Rozotte/Divergence)
ParMarlène Thomas Decreusefond
Envoyée spéciale à Avignon (Vaucluse)
Publié le 19/11/2024 à 10h33, mis à jour le 19/11/2024 à 20h50

Gisèle Pelicot parle parfois d’elle à la troisième personne. A l’occasion de sa dernière prise de parole devant la cour criminelle départementale du Vaucluse ce mardi 19 novembre, plusieurs fois, elle se dissocie. Comme pour se protéger de cette femme – elle –, de ce corps – le sien –, qu’elle a vu durant deux mois et demi «souillé», annihilé. Sa belle-fille, Aurore Lemaire, le disait la veille : des «souvenirs» se sont créés au fil des interrogatoires, des images ont été apposées. L’amnésie ne la «sauve» plus. Pour sa troisième déposition depuis le début du procès le 2 septembre, Gisèle Pelicot s’est avant tout tournée vers ces 50 hommes qu’elle a découverts dans la salle d’audience.

Ces hommes qui, durant neuf ans, ont répondu à l’invitation de son ex-mari, Dominique Pelicot, qui la faisait violer, plongée dans un état comateux. Elle les a tous entendus. Elle n’y était en rien obligée. «J’ai vu défiler à la barre des individus qui nient le viol, certains le reconnaissent. J’ai beaucoup de mal face à cette banalité de violer Mme Pelicot. Je suis polie aujourd’hui, mais j’ai envie de dire à ces hommes : à quel moment, quand vous pénétrez dans cette chambre, Mme Pelicot vous a donné son consentement ? A quel moment face à ce corps inerte, vous prenez conscience ? A quel moment v

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