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Justice

«Vous avez brisé ma vie» : prison ferme pour deux détenus ayant relayé un «contrat» d’assassinat visant la directrice des Baumettes

En 2024, deux détenus avaient diffusé sur Snapchat une offre créée par la DZ Mafia visant à tuer la dirigeante de la prison marseillaise, qui avait dû quitter ses fonctions.

Dans la prison des Baumettes, à Marseille, le 18 septembre 2025. (Patrick Gherdoussi/Libération)
Publié le 28/01/2026 à 12h33

A l’époque des faits, en 2024, les syndicats du secteur avaient dénoncé une «véritable déclaration de guerre contre le personnel pénitentiaire». Ce mercredi 28 janvier, les juges marseillais ont condamné deux détenus à deux ans et demi de prison ferme pour avoir relayé sur Snapchat un «contrat» pour un projet d’assassinat contre la directrice de la prison des Baumettes. L’offre, lancée par la DZ Mafia, nébuleuse majeure du narcotrafic marseillais, promettait une récompense de 120 000 euros.

Jugés en visioconférence depuis leurs établissements pénitentiaires respectifs, Othmane B. et Sabrina M., tous deux trentenaires, ont été condamnés pour apologie de crime et délit. Les deux prévenus multirécidivistes ont néanmoins été relaxés pour les faits d’«intimidation et menaces» à l’encontre de la dirigeante de la prison marseillaise, l’une des plus grandes de France.

La procureure avait requis à leur encontre deux ans de prison, dont six mois avec sursis probatoire, assortis d’un mandat de dépôt, pour «apologie publique de crime» et «menace, violence ou acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique pour qu’il s’abstienne d’un acte de sa fonction».

«Vous avez brisé ma vie»

Contrainte d’être exfiltrée de Marseille après avoir dû «quitter l’administration pénitentiaire» malgré «l’avoir aimée», la directrice des Baumettes s’était exprimée publiquement pour la première fois à la barre des témoins, le 13 janvier. «Vous avez brisé ma vie. Je ne vais pas bien du tout», avait-elle alors témoigné, vêtue d’un gilet pare-balles et accompagnée d’un gardien de la paix. La fonctionnaire fait toujours l’objet de mesures de protection.

Interdits d’entrée dans les Bouches-du-Rhône et de tout contact avec la directrice du centre pénitentiaire, les deux prévenus disposent d’un délai de dix jours pour faire appel.

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