Après la mort tragique du streamer français Jean Pormanove, dont les maltraitances étaient diffusées en direct sur la plateforme Kick, déjà visée par une plainte, un autre site est dans le collimateur de la justice française. WatchPeopleDie – le nom est déjà suffisamment évocateur – est une plateforme américaine connue pour héberger des vidéos très violentes comme des accidents mortels, des homicides ou des scènes de guerre. Après un signalement par l’Arcom, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné ce jeudi 18 décembre aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer le site américain sous quinze jours, selon un document consulté par l’AFP.
4,5 millions d’utilisateurs
La justice demande ainsi aux principaux opérateurs Orange, Free, Free Mobile, SFR, SFR Fibre et Bouygues Télécom de «mettre en œuvre, ou de faire mettre en œuvre, toutes mesures les plus adaptées et les plus efficaces propres à empêcher l’accès, à partir du territoire français et par leurs abonnés situés sur ce territoire» au site américain et ses sous-domaines. Sur sa page d’accueil, il revendique plus de 4,5 millions d’utilisateurs inscrits dans le monde. Jeudi après-midi, il était toujours accessible depuis la France, selon l’AFP, sans aucun dispositif de vérification de l’âge.
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Alors que WatchPeopleDie est depuis plusieurs mois dans le viseur de l’Arcom, cette action en justice «fait notamment suite à des demandes de retrait de trois vidéos montrant des actes de torture et de barbarie, demandes émises par l’Office anticriminalité et restées sans réponse», avait précisé le régulateur de l’audiovisuel et du numérique, dans la plainte ayant conduit à l’ordonnance du tribunal. Le document précise que l’autorité indépendante pourra également demander le retrait de tout site reprenant «en totalité ou de manière substantielle» les contenus de WatchPeopleDie.
Texte de loi spécifique
Le tribunal judiciaire de Paris conclut que le site est «entièrement dédié à la diffusion de vidéos montrant des personnes en train de mourir, violentes et attentatoires à la dignité humaine». L’Arcom avait saisi la justice dès novembre pour demander le blocage de ce site sur le fondement de l’article 6-3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), qui permet à la justice de faire cesser un dommage occasionné par la diffusion en ligne d’un contenu, ou d’imposer que des mesures soient prises pour prévenir ce dommage.
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C’est en vertu de ce même texte que l’ancienne ministre du Numérique Clara Chappaz avait attaqué en justice en août la plateforme de diffusion en direct Kick, après la diffusion des scènes de maltraitance du streamer français Jean Pormanove, allant jusqu’à sa mort. Le tribunal judiciaire doit statuer vendredi sur la demande de blocage de Kick.




