Il n’échappera pas à un procès. Yannick Agnel, nageur français multimédaillé, sera bien jugé pour «viol aggravé» et «agression sexuelle» devant la cour départementale criminelle du Haut-Rhin, annonce ce jeudi 15 janvier la cour d’appel de Colmar. En mai, un juge d’instruction de Mulhouse avait ordonné le renvoi devant la cour criminelle de l’ancien champion de 33 ans, soupçonné d’avoir eu une relation en 2016 avec la fille de son entraîneur, alors âgée de 13 ans.
Un procès se tiendra donc, malgré le recours déposé par la défense du nageur. La raison : la chambre de l’instruction estime que les charges sont suffisantes à l’encontre de l’ancien champion olympique. Ce dernier, âgé de 33 ans, reste maintenu sous contrôle judiciaire. Il dispose désormais de cinq jours pour se pourvoir en cassation.
Dans ce dossier, Yannick Agnel a en revanche bénéficié d’un non-lieu concernant des faits d’agressions sexuelles sur un mineur de plus de 15 ans visant une autre personne, avait précisé le procureur en mai 2025.
L’avocat de la plaignante, Me Thomas Wetterer, se dit «satisfait» pour sa cliente, rapporte le Figaro. «Le reste sera débattu devant de la cour criminelle départementale», ajoute-t-il.
Des faits présumés qui se seraient déroulés en 2016
Yannick Agnel, ancien pensionnaire du Mulhouse Olympic Natation couronné à Londres en 2012, est soupçonné d’avoir eu une relation en 2016 avec la fille de son entraîneur de l’époque, Lionel Horter, alors qu’il était hébergé chez eux. Il était âgé de 24 ans au moment des faits supposés, elle n’en avait que 13. Le nageur a toujours plaidé une relation consentie et amoureuse, une simple «amourette», selon lui.
L’enquête avait débuté à l’été 2021 à la suite du dépôt de plainte de la jeune fille, également licenciée au club de natation de Mulhouse à l’époque, et avait été confiée par le procureur de la République au service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Mulhouse. Elle aura duré presque 3 ans et demi. Les faits reprochés au double champion olympique français auraient été commis entre le 1er janvier 2016 et le 31 août 2016 dans différents lieux : à Mulhouse et la proche commune de Riedisheim, en Thaïlande, en Espagne, mais aussi à Rio de Janeiro, ville hôte des Jeux olympiques de 2016.
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L’enquête avait finalement débouché sur la mise en examen du nageur le 11 décembre 2021. A l’issue de quarante-huit heures de garde à vue, le nageur avait «reconnu la matérialité des faits reprochés, même si pour certains viols il a un problème de mémoire», selon la procureure de la République d’alors, Edwige Roux-Morizot.
Le mis en examen, qui encourt vingt ans de prison, a toutefois toujours nié l’emprise qu’il pouvait avoir sur la jeune fille. Mais la procureure avait, elle, assuré que les faits étaient «constitutifs de viols et d’agressions sexuelles en raison de la différence d’âge» et d’une «véritable contrainte morale».




