Un ancien trader à qui il arrivait de «travailler dans la cryptomonnaie» a été enlevé et séquestré entre Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et Paris, dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 août, a appris Libération de source policière, confirmant une information du Parisien.
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Selon cette source, l’alerte a été donnée depuis l’Algérie par une connaissance du trader âgé d’une trentaine d’années. Elle a contacté le commissariat de Saint-Germain-en-Laye en expliquant avoir reçu une photo de son ami, Alexandre R., accompagnée d’une demande de rançon de 10 000 euros. Sur le cliché, l’ex-trader apparaît «à genoux les mains liées» et «retenu contre son gré».
Les enquêteurs parviennent à localiser le téléphone de la victime dans le Xe arrondissement de Paris et une équipe de la brigade anticriminalité (BAC) est dépêchée en prévention, devant le domicile d’Alexandre R. et de son épouse. Cette dernière précise aux forces de l’ordre qu’en tant qu’ancien trader, il pouvait arriver à son compagnon de travailler dans la cryptomonnaie.
Vers 4 heures du matin, les policiers repèrent l’ancien trader en train de rentrer chez lui à pied. «Il était choqué, le visage tuméfié, et a été pris en charge par les effectifs pour être examiné par les sapeurs pompiers au commissariat de Saint-Germain», précise la source policière. Alexandre R. expliquera aux enquêteurs avoir été étranglé à plusieurs reprises, jusqu’à perdre connaissance.
Selon le Figaro, ses ravisseurs l’auraient libéré en s’apercevant que «ses comptes étaient à sec». L’ex-trader aurait été déposé par ses agresseurs à Neuilly-sur-Seine avant de prendre un taxi pour rentrer jusque chez lui, poursuivent nos confrères. Les circonstances et les raisons exactes de son enlèvement restent encore nébuleuses. Contacté, le parquet de Versailles indique s’être dessaisi du dossier au profit du parquet de Paris, qui n’a pour l’heure pas donné suite.
Une précédente série de cryptorapts
Ces derniers mois, plusieurs acteurs de la filière des cryptomonnaies ont été victimes d’enlèvements ou de tentatives parfois spectaculaires. Cette série noire avait commencé en janvier avec le rapt du cofondateur de Ledger, David Balland et de sa compagne. Ce dernier avait finalement été libéré et sa compagne retrouvée ligotée dans un véhicule. Le 13 mai, dans le XIe arrondissement de Paris, la spectaculaire tentative d’enlèvement de la fille et du petit-fils du PDG de la société de cryptomonnaie Paymium, immortalisée par une vidéo devenue virale, avait eu un fort retentissement médiatique.
Le gouvernement avait annoncé mi-mai la création d’un groupe de travail pour renforcer la sécurité des acteurs de ce secteur. Avec un premier résultat : selon un décret paru dimanche 24 août, les dirigeants d’entreprises inscrites au Registre national des entreprises (RNE) peuvent désormais demander que leur adresse personnelle reste confidentielle.