Ses traits sont tirés. La cendre recouvre ses mains, son visage et son uniforme, pourtant Morgan, 38 ans, s’efforce de garder le sourire. Pompier depuis près de vingt ans, le Girondin, basé à la caserne de la Benauge, à Bordeaux, fait partie des volontaires qui ont écourté leurs vacances pour venir combattre les violents incendies qui ravagent le département depuis maintenant plus d’une semaine. «On voyait ça de loin, on était mal, alors on s’est dit qu’il fallait venir aider les copains», explique l’homme épuisé mais déterminé à lutter. «C’est l’adrénaline qui nous tient», approuve son collègue Patrick, 62 ans. Et surtout «une solidarité incroyable de la population» à base de banderoles, paniers repas, messages sur les réseaux sociaux. «Ça aide psychologiquement, surtout qu’aujourd’hui, on est partis pour tenir vingt-quatre heures d’affilée», évalue Morgan. Soudain, le binôme s’arrête net. A quelques dizaines de mètres, un feu naissant, en lisière de forêt. Pas de temps à perdre, leur équipe s’enfonce dans les broussailles une lance à eau à la main et disparaît au milieu d’une épaisse fumée aveuglante qui prend à la gorge.
Reportage
Pompiers face aux incendies en Gironde: «C’est l’adrénaline qui nous tient»
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Plus de 2 000 soldats du feu luttent depuis une semaine contre les flammes à La-Teste-de-Buch et à Landiras. Confrontés à des conditions de travail «dantesques», leur motivation ne faiblit pas malgré la fatigue et la désolation.
Parmi les pompiers mobilisés, peu d’entre eux ont déjà été confrontés à de tels incendies. (Marion Parent/Libération)
Publié le 19/07/2022 à 20h57
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