Est-ce que la presse d’investigation gagne du terrain, en révélant des informations couvertes par le secret-défense ? Peut-être, et si c’est le cas, tant mieux : elle fait son métier en dénonçant des deals d’armes honteux, des alliances géopolitiques scandaleuses, des usages technologiques insensés et des compromissions qu’une démocratie digne de ce nom ne doit pas supporter. Il s’agit d’informations d’intérêt public uniquement, pas de balancer sur la place publique le nom des sources de la DGSE ou de la DGSI, celles qui coopèrent avec les services français, et doivent légitimement être protégées. Dans certaines contrées, ces sources se verraient être liquidées sans plus de procès.
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Le ministère des Armées a le dépôt de plainte facile
La répression de la divulgation de ces informations d’intérêt public est-elle plus drastique ? C’est certain. On ne compte plus les journalistes perquisitionnés et mis en examen, pour des articles ou des livres, et les atteintes potentielles à leurs sources qui en découlent. Le ministère des Armées a le dépôt de plainte facile, et les moyens engagés par les procureurs pour mener à bien leurs enquêtes pour «compromission du secret de la défense nationale», le chef d’incrimination le plus répandu dans ce cas de figure, sont de plus en plus lourds.
Alors qu’autrefois les titulaires de carte de presse étaient simplement auditionnés, désormais la garde à vue (une mesure privative de liberté, il ne faut pas l’oublier) semble être de rigueur. Pour son livre sur le renseignement intérieur publié en 2




