Avertissement
Cet article fait état de récits de violences sur des mineurs et peut choquer.
Cinq mois de calvaire interminable. Lorsqu’elle signale les faits d’inceste rapportés par sa fille de 4 ans et mettant en cause son ancien compagnon, Anna (1) espérait qu’elles seraient toutes les deux protégées en déposant plainte. Cette dernière sera classée sans suite par le parquet des Yvelines, Louise refusant de réitérer ses accusations. La juge des enfants, de son côté, suspecte un «conflit parental» et peine à croire la version de la mère. Elle prononce une mesure d’action éducative en milieu ouvert (AEMO) en janvier 2025 - soit la présence d’un éducateur spécialisé au domicile du père ou de la mère une fois toutes les trois semaines au moins.
Mais, faute de professionnel disponible, personne ne se présente pendant plus de cinq mois, laissant Anna et sa fille dans le désarroi le plus total. Car malgré tout, l’enfant a obligation de retourner chez son père, qui en a toujours la garde partagée. «J’ai expliqué à ma fille que des gens avaient dit qu’elle pouvait y retourner. Vous savez ce qu’elle m’a répondu ? “Mais ces gens-là savent tout ce qu’il s’est passé ?”» s’émeut Anna.
Dissociation dans l’esprit de la fillette
La mère de famille rembobine, la voix calme et didactique. Tout a commencé un soir de février 2024. La fonctionnaire de 37 ans se souvient précisément des mots de Louise. La fillette rentre d’un week-end chez son père. Les retrouvailles sont joyeuses, comme d’habitude, mais au détour d’une conversation anodine, la mère perçoit que quelque chose cloche. Sa fille se confie. «J’




