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Immondices

Des croix gammées et des inscriptions antisémites sur la statue de la place de la République à Paris

Des dégradations ont été réalisées dans la nuit de dimanche à lundi, après deux rassemblements en hommage à Quentin Deranque dans la capitale, dont un durant lequel des personnes ont été filmées en train de réaliser des saluts nazis.

Un graffiti sur lequel on peut lire «PDM [peine de mort] pour Jack Lang» sur la statue de la République ce lundi 16 février 2026. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 16/02/2026 à 14h12

Placide témoin des manifestations et rassemblements parisiens, la statue de la place de la République à Paris a l’habitude de se retrouver taguée de toutes sortes de slogans politiques. Mais rarement aussi immondes que ceux qui ont été découverts ce lundi 16 février au matin : des croix gammées, appels au meurtre et violentes inscriptions antisémites, a rapporté le Parisien. Sur la statue, on pouvait notamment lire : «PDM [peine de mort, ndlr] pour Jack Lang», «Tuez les Rothschild», «Jack Lang doit mourir» ou encore «Mentalité allemande pour les pedo, tuez-les». Selon le maire de Paris Centre, Ariel Weil, les opérations de nettoyage sont d’ores et déjà amorcées.

Dans quel contexte les tags ont-ils été apposés ? Dimanche après-midi, plusieurs dizaines de personnes s’étaient rassemblées devant l’université de la Sorbonne pour réclamer justice pour Quentin Deranque, jeune militant d’extrême droite mortellement agressé à Lyon samedi 14 février en marge d’un rassemblement du collectif Némésis, dont il aurait fait partie du service d’ordre. Des antifascistes sont accusés de l’attaque.

Plus tard dans la soirée, rapporte également le Parisien, une cinquantaine d’individus cagoulés avaient été filmés sur le boulevard de Ménilmontant, non loin de la place de la République, criant «On est chez nous, justice pour Quentin» et faisant des saluts nazis.

Précédentes opérations russes à Paris

Ces dégradations surviennent dans un climat d’augmentation des actes antisémites en France. Ceux-ci ont certes diminué de 16 % à 1 320 en 2025, mais «n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années», et comptent pour 53 % de l’ensemble des faits antireligieux, selon le ministère de l’Intérieur.

Toutefois, les autorités restent à ce stade prudentes, surtout après les exemples récents d’opérations de déstabilisation russe, notamment les affaires des tags d’étoiles de David apposées dans Paris, des têtes de cochon devant des mosquées ou encore des mains rouges taguées sur le Mémorial de la Shoah. Le maire Ariel Weil a par ailleurs affirmé au quotidien parisien qu’il allait porter plainte et qu’il travaillait en collaboration avec la préfecture de police pour identifier les auteurs grâce aux caméras de vidéosurveillance.

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