Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis jeudi qu’un texte de loi visant à lutter contre l’antisémitisme, qui suscite déjà de vifs débats, serait examiné «dès avril» par le Parlement. «Le gouvernement inscrira à l’ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d’avril la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan», a affirmé Sébastien Lecornu lors du 40e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris.
Ce texte élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit de négation d’un Etat. Il est contesté, ses opposants y voyant un amalgame entre juifs et Israël et une tentative de brider toute critique de la politique de Benyamin Nétanyahou. «Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vital d’un peuple» ce qui «ne peut plus être toléré», a affirmé le Premier ministre, estimant que «Dire “De la mer au Jourdain” c’est appeler à la disparition d’Israël».
Le billet de Thomas Legrand
Par ailleurs «soutenir Israël ce n’est pas soutenir un gouvernement» mais «l’existence d’un État, sa souveraineté, sa sécurité et donc le droit du peuple juif à disposer de lui-même», a-t-il ajouté. Lecornu a par ailleurs estimé que «ce que fait l’actuel gouvernement israélien en Cisjordanie contrevient au droit international».
Inéligibilité pour propos antisémites
Mais «l’instrumentalisation politique du droit n’est pas davantage acceptable», a-t-il ajouté, estimant que la représentante spéciale des Nations unies Francesca Albanese «décrédibilise profondément la parole internationale» lorsqu’elle «tient des propos en compagnie de représentants du Hamas ou de l’Iran». «La France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a aussi défendu la proposition faite par Emmanuel Macron d’une peine d’inéligibilité pour propos antisémite, qui «devra être également inscrite dans notre droit». Avant lui le président du Crif Yonathan Arfi avait salué cette proposition, faite par le chef de l’Etat à l’occasion d’une cérémonie à l’Elysée pour les vingt ans de la mort d’Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006. «Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes [respectivement eurodéputée et députés LFI, ndlr], tôt ou tard, vous serez rattrapés par la justice !», a lancé Yonathan Arfi. Il s’en est vivement pris à LFI qui selon lui «représente un danger existentiel pour les Français juifs», y voyant un «parti factieux» et une «secte politique dangereuse pour la République».
«La mort de Quentin Deranque à Lyon doit servir aujourd’hui d’électrochoc : l’angélisme face à la violence de LFI doit cesser», a-t-il ajouté. A quelques semaines des élections municipales, Yonathan Arfi a aussi estimé que «le PS et tous les acteurs de la gauche responsable doivent rompre clairement, définitivement, avec LFI». Déplorant une «assignation permanente à la guerre à Gaza», il s’est inquiété d’«un antisémitisme d’atmosphère» et du niveau élevé des actes antisémites, qui ont atteint 1 320 en 2025. «L’antisémitisme est toujours le signal d’alarme. Il annonce les autres haines, les autres malheurs», a affirmé de son côté le Premier ministre.




