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Protection de l'enfance

Réseaux sociaux : l’application «FantomApp» lancée par la Cnil pour aider les jeunes à se protéger en ligne

Le logiciel accessible depuis ce mardi propose aux 10-15 ans plusieurs outils pour protéger leurs comptes sur les plateformes, ainsi que des conseils en cas de problème.

Photo d'illustration. (Daniel de la Hoz/Getty Images)
Publié le 16/12/2025 à 16h19

Une marque supplémentaire de l’implication de l’Etat français dans la protection des jeunes face aux réseaux sociaux. Une application a été lancée ce mardi 16 décembre par l’autorité de protection des données, la Cnil, pour aider les 10-15 ans à se protéger en ligne. Baptisée «FantomApp», l’application propose aux jeunes plusieurs outils pour protéger leurs comptes sur les plateformes, et trouver des réponses en cas de problème.

FantomApp dispose par exemple d’un outil pour vérifier la visibilité de son profil. Elle permet aussi de tester la robustesse de son mot de passe, de flouter sa photo de profil, ou de consulter des conseils pour paramétrer son compte de façon à fournir le moins de données possibles.

«Contacts de confiance»

«Conçue à partir d’une enquête menée dans plusieurs collèges», souligne l’Cnil, l’application redirige également les jeunes utilisateurs vers des conseils, des tutoriels ou des «contacts de confiance» en cas d’usurpation d’identité, de cyberharcèlement, ou encore de chantage à la photo intime.

L’initiative sera adaptée dans plusieurs langues européennes par les autorités de protection des données nationales, a précisé la Cnil. Elle fait écho à un débat sur l’utilisation des réseaux sociaux par les plus jeunes, engagé par des parlementaires et par Emmanuel Macron.

Une proposition de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans sera justement débattue le 19 janvier à l’Assemblée nationale, indiquait début décembre Gabriel Attal, chef des députés Renaissance. Elle vise «à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux».

En plus de l’interdiction de certaines plateformes numériques aux moins de 15 ans, le texte prévoit l’instauration d’un «couvre-feu numérique» entre 22 heures et 8 heures du matin pour les 15-18 ans. L’Australie, citée par Emmanuel Macron à l’occasion d’un débat sur le sujet, fait figure d’exemple dans la lutte pour la protection des plus jeunes en ligne : l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans vient d’y entrer en vigueur depuis une semaine.

Vérification de l’âge

Le président de la République a également promis un texte de loi du gouvernement déposé à l’Assemblée nationale «dès janvier» pour «imposer à tous les réseaux sociaux la vérification de l’âge» des utilisateurs, sur le modèle des sites pornographiques. Le projet de loi concernera également les ingérences, l’anonymat, la transparence des algorithmes et la responsabilité des plateformes, d’après l’entourage du chef de l’Etat.

Près d’un enfant sur deux est présent sur les réseaux sociaux avant ses 13 ans, selon une étude réalisée par l’autorité de régulation des médias et du numérique (Arcom) en septembre. D’après une étude de Santé Publique France portant sur 2022, les enfants de 3 à 5 ans passaient en moyenne 1 h 22 par jour devant les écrans, ceux de 6 à 8 ans 1 h 53 et ceux de 9 à 11 ans 2 h 33.

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