Au cœur du XIe arrondissement de Paris, dans la salle d’accueil du centre social Le Picoulet, Pascale papote avec des bénévoles autour d’un café. Comme la dizaine de personnes présentes dans la salle, cette retraitée de 65 ans est une habituée. «Je n’ai jamais été aussi heureuse», annonce cette dernière. Veuve depuis cinq ans, Pascale a découvert Le Picoulet il y a trois ans. Depuis, c’est le bonheur : «J’ai des amis maintenant, on fait plein de choses grâce au centre, on va au parc, au musée ou à l’aquarium.»
Ces sorties sont des moments très attendus par les usagers du programme senior. Mais face aux restrictions budgétaires de 2025, elles risquent de devenir de plus en plus rares, au Picoulet comme ailleurs. D’après une enquête du Mouvement associatif (MA) effectuée en mars et publiée début avril, les associations françaises se trouvent en grande difficulté financière. 45 % des 5 557 structures sondées déclarent avoir des financements incertains ou en baisse et 38 % manquer de solutions stables pour combler leurs défauts. «Ce n’est pas un phénomène nouveau en soi, analyse la présidente du MA, Claire Thoury. Ce qui est inédit en revanche, c’est la succession de crises qu’on se prend de plein fouet.» Et en effet, après la pandémie de Covid-19 et l’inflation des dernières années, l’Etat a demandé aux collectivités territoriales