Il pourrait s’agir d’une overdose de protoxyde d’azote. Le parquet de Lille annonce ce lundi à Libération avoir ouvert une enquête en recherches des causes de la mort après la découverte, dimanche, du corps sans vie d’une jeune fille de 17 ans dans son appartement situé à Roubaix (Nord). Plusieurs cartouches de ce produit également surnommé «gaz hilarant» ont été découvertes sur place.
«Les investigations médico-légales sont en cours pour déterminer l’origine exacte de son décès», souligne le parquet de Lille. Une autopsie de la jeune femme doit avoir lieu mercredi 19 novembre dans la matinée, a-t-on appris ce mardi du parquet. Il devrait en communiquer les résultats «à l’issue».
Arrivés sur les lieux après avoir été alertés par une voisine inquiète de ne plus avoir de nouvelles de la jeune femme, les policiers et les secours ont découvert le corps inerte de cette dernière, ainsi qu’une trentaine de bonbonnes de protoxyde d’azote de grande contenance, précise pour sa part une source policière à l’AFP.
Enquête
Le protoxyde d’azote, couramment utilisé à des fins industrielles, est de plus en plus détourné à des fins récréatives, bien que sa consommation comporte des risques majeurs pour la santé : brûlures, troubles neurologiques, complications vasculaires et psychiatriques, addiction et perte de contrôle. Mais aussi paraplégie, incontinence, et déclin cognitif.
Les jeunes majeurs sont les principaux consommateurs de protoxyde d’azote. 13,7 % des 18-24 ans en ont consommé au moins une fois dans leur vie, contre 2 % a parmi les 35-44 ans et 0,8 % chez les 65-75 ans, selon une étude publiée ce par Santé publique France en octobre 2023.
Un arrêté municipal déjà pris à Roubaix
Sa popularité est si croissante que les parlementaires étudient actuellement des mesures de restriction sur ce gaz, dont la vente est déjà interdite aux mineurs. En mars, le Sénat a de fait voté la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote, mais sans aller jusqu’à interdire totalement sa vente aux particuliers, comme l’avaient fait auparavant les députés. L’avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres du Parlement.
En attendant l’arrivée de cette loi, la ville de Roubaix, avait, elle, pris un arrêté un juillet dernier afin de lutter contre ce fléau. Comme le rappelle un article de La Voix du Nord, «la détention, l’utilisation, la cession et la revente de gaz de protoxyde d’azote […] sont désormais interdites sur la voie publique, dans les parcs et jardins ouverts au public, lorsqu’ils sont destinés à des fins récréatives». Une mesure qui a permis «une nette amélioration de la situation», notait la ville fin septembre.
Mise à jour : mardi 18 novembre à 16 h 07, ajout de la date de l’autopsie.




