Elles étaient accusées d’avoir exploité sexuellement et par le travail sept masseuses thaïlandaises à Paris entre 2020 et 2024. Une mère et sa fille ont été condamnées mercredi 26 novembre pour des faits de traite des êtres humains et de proxénétisme. La première a écopé d’une peine de 4 ans de prison avec mandat de dépôt à la barre, de 10 000 euros d’amende, d’une interdiction de présence sur le territoire français de 10 ans et d’une interdiction à vie de gérer un commerce. Sa fille a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis. La mère a fait appel.
«C’est une belle victoire, car c’est une affaire inédite, a réagi Me Alix Ottou, avocate de deux des victimes et du Comité contre l’esclavage moderne, partie civile. C’est une des premières fois qu’il y a un dossier mêlant traite des êtres humains et exploitation sexuelle. Nous avons souvent du mal à faire reconnaître les deux par les juridictions. Cela a été possible grâce au travail d’enquête de l’inspection du travail.»
Selon l’avocate, ce dossier, «un cas d’école sur la traite des êtres humains», pourrait donner l’exemple dans d’autres cas similaires pour lesquels les juridictions ont encore parfois du mal à retenir la qualification. «En France, l’esclavage est encore quelque chose de l’ordre de l’inentendable. Il y a un traumatisme lié à notre histoire, on n’arrive pas à se dire que ça existe aujourd’hui. Il y a encore un travail important de pédagogie à faire».




