1 000 euros de bons d’achat à dépenser dans les commerces de Saint-Amand-Montrond. C’est l’alléchante proposition formulée par la mairie et la communauté de communes de Saint-Amand-Montrond (19 000 habitants) pour inciter des femmes enceintes à choisir leur maternité. L’établissement est menacé de fermeture après être passé sous la barre des 300 accouchements annuels fixés par la réglementation, avec une prévision de 226 mises au monde pour 2025.
Pour faire remonter l’activité, le maire LR de la ville, Emmanuel Riotte, propose de donner aux mères accouchant sur place 1 000 euros en bon cadeau à dépenser chez les commerçants de la ville, 500 euros étant pris en charge par la municipalité et 500 par la communauté de communes. Le maire espère ainsi ramener vers la maternité des patientes du département qui se dirigent aujourd’hui vers des maternités plus importantes à Bourges, Montluçon ou Nevers. La communauté de communes doit se prononcer mercredi, et le conseil municipal de Saint-Amand jeudi, a indiqué la municipalité à l’AFP.
«Le choix d’une maternité ne doit pas être influencé par la perspective d’une récompense purement financière», ont réagi dans un communiqué les quatre syndicats de médecins, Snphare (anesthésistes réanimateurs, Syngof (gynécologues obstétriciens), Snpeh (pédiatres), Samu Urgences de France (urgentistes).
Un défaut de pratique pour assurer «une expertise suffisante»
«Une maternité, quand elle est menacée de fermeture, ne l’est pas pour des raisons économiques mais pour des raisons de sécurité», estiment les quatre syndicats. Et d’expliquer qu’avec un rythme d’accouchements comme celui de Saint-Amand, «il n’est pas possible d’avoir une expertise suffisante pour prévenir et pallier des complications aux conséquences potentiellement vitales, qui impliquent généralement plusieurs disciplines à la fois, pour des décisions à prendre dans la minute».
D’une manière générale, les syndicats réclament la transformation des petites maternités «en centre de périnatalité de proximité pour le suivi de grossesse et le post-partum», les accouchements étant centralisés dans des salles de naissance très sécurisées, avec une activité importante.
La France compte une vingtaine de maternités qui dérogent au seuil minimal de 300 accouchements annuels, alors que l’Assemblée a adopté au mois de mai un moratoire sur les fermetures de maternité. Dans un rapport de 2024, la Cour des comptes avait souligné que les établissements de moins de 1 000 accouchements par an connaissaient «des difficultés croissantes pour attirer et conserver des personnels qualifiés», auxquelles s’ajoutent une incapacité des pouvoirs publics à mettre en place des solutions d’accompagnement pour les patientes dont l’éloignement avec la maternité présente le plus de difficultés.




