L’écart entre le gouvernement et son propre Conseil scientifique est patent. Ce dernier préconisait «un confinement strict sur une période de quatre semaines à partir de début février», apprend-on dans sa note du 29 janvier mise en ligne par le gouvernement mercredi, soit près d’un mois après sa remise. Ce seul décalage est, en soi, problématique. En effet, selon les règles du Conseil scientifique, ses avis «sont rendus publics sans délai». Pourquoi se doter d’une telle instance et ne pas respecter les règles de sa mise en place ni suivre ses recommandations ?
Les semaines à venir permettront de mesurer la gravité du risque pris à maintenir le pays à un plateau élevé de contaminations, mais les arguments du conseil en faveur d’un reconfinement étaient solides : ralentir la pénétration des variants, permettre la vaccination du plus grand nombre avant leur «explosion», mettre en place une stratégie de dépistage efficace et enfin redescendre sous la barre des 5 000 contaminations par jour, seuil en dessous duquel le suivi des cas est plus facilement réalisable (et objectif initial fixé par Emmanuel Macron). Le sujet avait été évoqué, dans Libération, par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy




