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Reportage

A Rouen, des aides à domicile dénoncent des conditions de travail «épouvantables qui poussent à la maltraitance»

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Jeudi, des aides à domicile d’Onela se sont rassemblées pour protester contre leurs conditions de travail, qui engendrent parfois de la «maltraitance» contre les personnes âgées dont elles s’occupent.

«Parfois j’ai trente minutes pour faire un repas, la vaisselle, faire la toilette, fermer les volets et coucher une personne. Faire manger vite une dame de 88 ans, qui n’a plus de dents, c’est un coup à avoir une fausse route. C’est de la maltraitance», soupire Audrey, aide à domicile de 35 ans. (Stéphane de Sakutin/AFP)
Publié le 03/02/2022 à 19h20

«J’appelle ça de l’esclavage moderne», lâche Véronique, aide à domicile et élue CFTC au comité social et économique (CSE) d’Onela, la marque dédiée au service à domicile du groupe Colisée, le quatrième acteur européen d’accompagnement et de soin des personnes âgées. Ce jeudi, trois syndicats (CGT, CFTC, CFDT) avaient appelé à la mobilisation devant l’agence de Rouen, pour protester contre le non-respect de la convention collective. La trentaine de personnes réunies dénoncent la recherche de profits à tout prix du groupe, au détriment de la santé de ses travailleurs et des clients.

Rue Saint-Eloi, les aides à domicile et de soutien essaient d’attirer l’attention du personnel qui se trouve à l’intérieur de l’agence Onela. Certains plaquent des pancartes contre la porte. Mais, derrière la vitrine, rien ne semble bouger. Des murmures d’indignation s’élèvent : «Ils n’en n’ont rien à foutre.» Au centre du groupe, Béatrice Bell, secrétaire générale de la CGT service à la personne, a fait le déplacement. Depuis la sortie du livre-enquête les Fossoyeurs, elle craint que les Français ne délaissent les Ehpad pour se tourner davantage vers l’aide à domicile. «Mais c’est pire. Ce serait juste reporter le problème», assure la syndicaliste.

«Ça devient un budget d’aller travailler»

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